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Alkimista : Contraste

Selvajaria Records, 2026

Doom Death, Portugal

Album CD

Cette quatrième offrande de Alkimista porte évidemment bien son nom, œuvre tout en contrastes où les éléments se juxtaposent, s’accouplent, s’affrontent, ce qui du reste définissait déjà ses prédécesseurs, particulièrement "Cinzas" (2021) et "Viagem" (2024).

Musicalement, ce nouvel album confirme surtout le glissement vers un art certes toujours doloriste, écrasé sous une chape mélancolique qui tire ses racines de la terre lusitanienne qui l’a vu naître, mais de plus en plus atmosphérique et limpide, qui s’écoule en un ressac cristallin. Lignes de guitare d’une grande pureté de trait, notes de piano parcionieuses mais judicieuses (‘Porto Da Raiva’) et surtout voix claires plus prégnantes que d’ordinaire, éclairent l’ensemble d’un halo précieux.

S’étant chargé de tout selon une habitude qui lui convient parfaitement et se prête de toute façon idéalement à une musique par essence solitaire, Pedro Serpa continue de peaufiner un doom death qui n’appartient qu’à lui et dont il ne subsiste plus guère qu’un tempo généralement engourdi, prisonnier d’une geôle crouteuse (‘Mercurial), et son organe rugueux qui râcle les parois de cette caverne plongée dans un clair-obscur.

A ce sujet, il convient de souligner la riche palette vocale dans laquelle l’album trempe son pinceau, chant masculin donc la plupart du temps, âpre ou clair plus rarement (comme sur ‘Contraste’), mais aussi – et surtout - féminin, celui de Rita Correia (Smooth Garage) qui rappelle un peu Anneke de The Gathering.  La chanteuse ne contribue qu’à deux titres qui par ailleurs se succède, ‘Forjado Na Dor’ puis ‘A Sereia o Pescador’ mais elle les transcende littéralement en cela que, surgissant alors qu’on ne l’attendait pas, elle leur injecte une fébrilité touchante, une tristesse bouleversante. D’une beauté d’airain empreinte d’une poésie dramatique, elle se fond à merveille dans ce creuset tellurique. On se prend à rêver d’une collaboration durable entre le maître des lieux et Rita ou une toute autre chanteuse, tant il serait inspiré de renouveler cette expérience ô combien salvatrice.

Introspectif, "Contraste" est une création tout en ambivalence et contradiction, tant dans la forme, sombre et parfois éthérée, lancinante et élancée, que dans le fond, désenchanté mais non sans écouler un pale espoir... 

Childeric Thor - 7/10