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An Autumn For Crippled Children : Only The Ocean Knows

AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN - Only The Ocean Knows

ATMF, 2012

Black Doom, Pays-Bas

CD

Avec la même régularité que la déclaration de revenu, An Autumn For Crippled Children vient nous rendre une petite viste chaque année depuis 2010 et le séminalLost. Cette productivité est tout à fait louable et pourtant, rien n'y fait. Les Hollandais ne parviennent toujours pas déclencher les passions, il leur manque définitivement cette étincelle de talent qui fait toute la différence.

Only The Ocean Knows ne déroge pas à la règle, digne successeur de Everything dont il poursuit le subtil glissement du style en vigueur sur Lost, encore très imprégné du Katatonia originel vers un black metal plus Shoegaze que Doomy. Ceci dit, cette troisième offrande trahit d'incontestables progrès de la part de ses auteurs dans le tissage d'ambiances que dessinent nappes de claviers mortuaires et guitares aux allures de lanterne perçant le brouillard, à l'image de This Garden This Trees hanté par un Mellotron discret ou de l'entame gorgée d'une tristesse lugubre de The First Snow This Year.

An Autumn For Crippled Children travaille son art, modeste mais néanmoins sincère mais parait toujours freiné par un format d'écriture par trop identique d'un titre à l'autre et d'un disque à l'autre. Le riff grésillant et très black metal old school ouvrant Yes, I Know... Love And Death.. Always laissait par exemple espérer mieux que cette composition bien faite quoique trop diluée dans les synthés. Reste que, agglomérant huit titres en un peu moins de quarante minutes, Only The Ocean Knows se révèle supérieur à ses deux aînés, témoignant que ses auteurs, s'ils ne pourront jamais vraiment prétendre égaler les plus grands, sont sur la bonne voie. Le très bon The Rising Tide ou In February jalonnent notamment l'album de leurs aplats mélancoliques que que colorent des teintes hivernales.

Bref, c'est de la (bonne) série B mais de la série B quand même ! Ce n'est pas une critique. Malgré tout, à force de travail, An Autumn For Crippled Children commence à distiller son nom, solide pis-aller d'un black metal d'une froide et charbonneuse dépression. Gageons que les Hollandais gagnent certainement à s'affranchir d'un canevas dont ils donnent l'impression d'être (déjà) prisonniers...

Childeric Thor - 6.5/10