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Borgia : Ecclesia

BORGIA - Ecclesia

Paradigms Records, 2009

Death / Black metal, France

CD

Si vous avez jeté une oreille sur le premier album de Borgia, Ecclesia, sorti chez Paradigms Records, eh bien vous ne pourrez que constater comme ce groupe de Parisiens est une grosse machine à massacrer, comme ils sont perfectionnistes et massifs...

Je n'avais pas vraiment apprécié les démos du groupe, qui se perdait auparavant dans un Black/Death typique de ce qui se fait sur Paris... Mais cet Ecclesia développe une vraie personnalité, un véritable univers musical et il est incontestable que ce premier full-length impose tout de suite Borgia dans une certaine catégorie de formations : les gros tueurs à l'international.
Presque une heure d'un Death/Black torturé et dissonant donc, dense et sombre, aux accents tendant vers MORBID ANGEL, BEHEMOTH (middle-age), le vieux Necro Death comme vers l'Orthodox Black Metal – mais celui-ci est dilué, faut le reconnaître.

L'une des originalités de Borgia est de puiser dans l'époque du Moyen-Âge européen – à l'instar d'YSENGRIN avec qui il vient de partager un très beau split : riche en folies monothéistes, riche en guerres conduites au nom de Dieu, riche en abrutissement généralisé, et j'en passe. C'est vrai, comme j'ai pu le lire ailleurs, que Borgia n'exploite pas plus que ça musicalement parlant ce Moyen-Âge dont il cause beaucoup dans les textes de son livret et les illustrations du digipack (très beau travail soit dit en passant). Mais je crois que Borgia a cherché, tout au long de ces neuf titres, à nous plonger dans des ambiances diaboliques, folles, noirâtres, ce que l'auditeur attentif ne pourra que constater, cherchant à retranscrire ces représentations très ancrées dans l'esprit ce plus que sombre passé commun... Les sonorités « moyenâgeuses » manquent donc et c'est peut-être là le seul défaut de Borgia et de son extrême cohérence.

Mais Borgia a bien d'autres choses à offrir. J'ai dis que le groupe proposait un album dense et massif, c'est exact : on a affaire à un gros pavé qu'il ne sera pas facile de digérer. Toutefois, la formation aère ses titres par des passages lourds et malfaisants (par exemple, la sublime Lithanie du Misanthrope) et multiplie les tortures et circonvolutions auditives... Tout est en apparence chaotique et déconcertant dans ce disque et c'est ce qui fait – outre les vocaux variés et maitrisés de Géraud; un des meilleurs de Gaule – tout son charme. Bénéficiant en plus d'une production énorme, Borgia fait la démonstration d'une puissance de feu impressionnante.

Ecclesia est un vrai plat de résistance qui exige de l'auditeur une véritable écoute pour le comprendre, le saisir... L'amateur devra l'écouter plusieurs fois avant de s'en faire une idée précise. Borgia n'a pas fait là un disque facile d'accès, mais ce full-length chaotique, sombre et torturé mérite qu'on s'y penche sérieusement... Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais presque, et il vaut la peine d'être acheté. Bravo au groupe !

Guudrath fuck your church ! - 9/10