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Coven : Witchcraft Destroys Minds And Reaps Souls

COVEN - Witchcraft Destroys Minds And Reaps Souls

Mercury Records, 1969

Dark Rock Occulte, USA

Album

Que les gens à la recherche de metal extrême me pardonnent s'ils tombent sur cette chronique, Coven ne fait pas de metal... Par contre, soyez-en certains, Coven est extrême jusqu'au bout des doigts, ça pas de doutes ! Premier groupe dans l'histoire du Hard Rock à proposer un accouplement de cet art naissant avec les étranges rites de l'occulte, pour cela cité dans le best-seller de Michael Moynhian. Le mot Coven était d'abord un mot écossais du Moyen-Âge tardif, mais depuis le 17ième siècle, il désigne des clans de sorcières.
Pour Coven, tout commence à la fin des années 60, où Jinx Dawnson, jeune lycéenne d'Indianna, commence à s'intéresser à l'opéra et à l'occulte, après de courtes péripéties dans le milieu rock de son école, elle fonde Coven, épaulée par deux musiciens qui partagent cette même passion pour les arts de l'occulte, Steve Ross et Oz Osborne (apparemment aucun lien avec le célèbre chanteur des Black Sabbath, bien que les ressemblances avec ce groupe ne s'arrêtent pas là).

Coven choquera, avec ses chants envoûtés et envoûtants, avec ses photos promotionnelles provocatrices et ses images de booklet qui représentaient des messes noires, messes noires dans lesquelles ils s'investiront complètement, offrant des shows sataniques où les membres du groupe, déguisés, mimaient des sacrifices humains et autres rituels jusque là oubliés dans l'inquisition profonde.

Mais que dire alors de cet album qui pourtant passera à moitié inaperçu ? Souvenons-nous : cette année-là, Deep Purple sortait son troisième, self-titled et splendide album, les Black Sabbath enregistraient leur première démo tandis que les Judas Priest se formaient à peine. Non, l'année 69 n'était pas l'année du Hard Rock, loin de là, mais plutôt une des années où le rock grandissait encore à une vitesse fulgurante, faisant naitre sur son passage toutes sortes de sous-genre, dont le Hard Rock ressemblait alors à une sombre farce face au punk grandissant... Voilà une des raisons qui firent tomber cette merveille dans l'oubli. Cette merveille avec ces chants délirants, ces instruments folkloriques rappelant un Moyen-Âge d'inspiration, ce morceau final « Satanic Mass » de treize minutes qui laissent entendre « la première messe noire audio », les chœurs et les cris, les quelques solos de guitare immature, cette étrange vidéo du morceau « Black Sabbath » (quand je vous disait que les coïncidences ne s'arrêtaient pas là) complètement dépouillée et inquiétante...

Si aujourd'hui Coven peut faire rire dans sa présentation, il fût pour l'époque une certaine innovation (sans encore parler de révolution), ce groupe aux idées troublantes stoppa toute activité après leur troisième album, mais refera bientôt surface selon le myspace de Jinx (évènement qui m'a poussé à écrire sur cet album). L'album Witchcraft possède pas mal de réédition. Si vous avez l'occasion, n'hésitez pas une seule seconde : c'est du tout bon malgré son âge !

Jolly Jumper - 8/10