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DANTALION : Call of the broken souls

DANTALION - Call of the broken souls

Det Germanske Folket, 2007

Black metal atmosphérique, Espagne

Album CD

Parmi un paquet d'albums promo, se cache quelquefois une pépite. Et Call of the broken souls a l'immense mérite de faire partie de ce genre de perles rares.

Le groupe espagnol, formé en 2004, officie dans un black "puriste" mélancolique à souhait. En seulement quatre ans d'existence, et deux opus, Dantalion a acquis une forte maturité, et un son assez exceptionnel.

Originaires de Galice (nord-ouest de l'Espagne), Naemoth et ses collègues puisent leur inspiration dans les croyances locales. Second album de Dantalion, Call of the broken souls fait directement référence à Santa Compaña, une croyance gallicane très enracinée. Pouvant prendre plusieurs noms et formes, Santa Compaña représente la multitude de chimères et de fantômes plaintifs qui errent dans la nature, et hantent les vivants. Les paroles sont pour la plupart en Anglais, hormis sur "A corredoira das animas". De quoi rappeler la manière de fonctionner de leurs compatriotes de Foscor.

A en juger par le rythme très lancinant des compositions, le groupe a ses racines dans le black dépressif. Un titre comme Cold winter dusk rappelle sans conteste le Forgotten Tomb des débuts, ou plus spécialement Springtime Depression , qui, à mon sens, constitue la pièce maîtresse du groupe.Et cette superbe conclusion, intitulée As the candle fades , dont les notes de piano nous transportent vers les sensations du plus profond des repos...

Malgré tout, jamais Dantalion ne sombre dans un abîme de détresse lourde et pesante. La fluidité des mélodies tient le rôle d'antidote à la tristesse épidémique de la musique. « Pour Dantalion, tout va de soi. » Et pourtant, il y a du boulot derrière tout cela. Grande qualité donc que la cohérence des compositions de Dantalion.

Le chant de Zeukram est profond comme on l'aime. Ni monotone, ni outrageusement trafiqué. Et pas une pointe de ridicule. Le rendu est vraiment intéressant, dans le sens où certaines modulations de la voix font de près penser à un vent dévastateur, un esprit volatil qui viendrait glacer vos entrailles. Or, mauvaise nouvelle, Zeukram a décidé de quitter le groupe quelques mois après la sortie de l'album. Dans un sens, ce départ ne semble pas handicaper Dantalion au long terme, puisque ce sont le batteur et le guitariste qui endossaient le rôle de paroliers. Pas de revirement prévu au niveau des thématiques et de l'ambiance. Ouf, on en aura encore, de ces intempestives crises d'angoisses transfigurées, de cette faucheuse qui vient frapper à la porte...

Pour finir, je vous conseille de vous procurer l'album. Le graphisme seul de la pochette suffit à vouloir débourser quelques deniers. Sans sombrer dans le plus pur des matérialismes...

Myrha - 8,5/10