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DEMENTIA AD VITAM : Spirit of the trees

DEMENTIA AD VITAM - Spirit of the trees

Occultum Productions, 2008

Dark metal ambient, France

CD album

Sorti l'été 2008, cet album était l'une des dernières productions du label Occultum Prod. Quelques mois après, et avec deux ou trois productions supplémentaires, Occultum a définitivement fermé ses portes. Il avait derrière lui cinq années d'activités méditatives, sombres et élitistes...
Mais, halte ! La présente chronique parle de 'Spirit of the trees' et non d'Occultum. Cet album est la toute première sortie de la formation. Avant, pas de démo, ni rien. Il faut dire que CountOccultux, le principal artisan de Dementia, ne fait pas dans la demi-mesure. Il sort peu de choses, mais ses rares sorties sont longuement travaillées. A l'écoute de 'Spirit of the trees', on sent que du temps a été passé sur chaque mélodie, des notes au mixage. Les changements récurrents de line-up nous renseignent également sur les sacrifices internes qui ont été nécessaires à l'élaboration de cette galette. Alors, elle vaut le coup ou pas ? Et puis d'abord, qu'est-ce que c'est ?

Eh bien, oui, elle vaut le coup, et plutôt deux fois qu'une. Le style est assez atypique, on entend beaucoup de claviers et de piano. Point d'accords basiques cependant ; les sonorités changent, montent et descendent, se mêlent harmonieusement d'un titre à l'autre. Chaque nuance du clavier est exploitée, donnant des compos diversifiées malgré une ambiance commune. Les guitares font quelques apparition succintes, formant un espèce de grondement de fond qui n'est pas désagréable. Il y a aussi de la batterie, mais l'album est surtout joué au clavier et au piano, avec un petit côté néoclassique assez sympathique. L'ambiant de 'Spirit of the trees' donne vie à la forêt. Certaines mélodies rappellent les musiques des vieux dessins animés, comme le symbole d'une époque où les bois touffus avaient encore une large place sur le continent européen.
Riche en nuances, tantôt mêlé au piano et tantôt soutenu par la guitare ou la batterie, le clavier joue entre finesse et puissance. Les titres se suivent et ne se ressemblent pas, si ce n'est au niveau de l'ambiance, toujours éthérée. Niveau voix, on a des vocaux féminins, marqués par un timbre adolescent mais déjà subtils et qui se marient bien avec le reste, ainsi qu'une voix masculine. Malheureusement, cette voix masculine ne chante pas et reste dans un espèce de parlé chuchoté qui ressemble à une pose de mauvais théâtre. Cette dernière caractéristique gâche un peu le reste. On pourrait aussi reprocher à 'Spirit of the trees' ses inspirations un peu trop marquées pour être vraiment originales : outre l'influence des mélodies classiques des premiers dessins animés, le morceau "Immensus" ressemble à un titre de Dark Sanctuary. D'ailleurs, le livret est de très jolie facture, mais les fautes d'orthographe dans les textes, ça fait vraiment amateur.
Enfin, il faut bien commencer quelque part, direz-vous. Et vous aurez raison, car on sent derrière chaque titre que beaucoup de temps a été passé dessus, sans doute jusqu'à ce que leur(s) compositeur(s) en soient totalement satisfait. Ce perfectionnisme donne de belles compos, joliment interprétées, et il est suffisamment rare dans la scène pour être salué.

Au final, une galette agréable à l'écoute, qui communique bien l'esprit de son objet d'inspiration - les bois - et sanctifie autant la longue vie de la forêt que le travail de son compositeur. On attendrait volontiers l'album suivant... s'il n'était pas censé être sorti l'été 2008, sachant qu'il n'est toujours pas sorti aujourd'hui.

Geodaxia - 7/10