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DENOUNCEMENT PYRE : Almighty Arcanum

DENOUNCEMENT PYRE - Almighty Arcanum

Hells Headbangers Records, 2013

Black / Death metal, Australie

CD

Ce qu'il y a de chouette avec Hells Headbangers Records, c'est qu'avant même de glisser une de leurs rondelles dans l'antre de notre platine, on sait déjà à quelle sauce on va être mangé : à la brutale, sans vaseline et surtout sans OGM. Comprendre c'est du garanti 100% authentique, souvent old-school, jamais trendy. Et si, l'objet en question nous vient d'Australie, c'est la boucherie assurée !

Preuve en est avec DENOUNCEMENT PYRE qui après déjà dix ans d'activisme saignant, livre avec Almighty Arcanum , un second méfait attendu comme un messie de l'art noir à tendance supersonique. Du moins, World Cremation , son prédécesseur, ayant meurtri profondément nos chairs, était-ce ce à quoi on s'attendait. Or vicieux comme pas deux, le trio, dont les deux tiers patagugent aussi dans le Black Thrash malfaisant avec NOCTURNAL GRAVES, prend cette fois-ci le soin de prendre le fidèle par derrière.

A la pénétration frontale, il opte tout d'abord pour la saillie rampante, venimeuse mais pas moins malsaine. Baroque et sombre, l'intro "Breath Of Tehom", réussit, pour une fois, à sonner vraiment "evil", résonnant tel un écho d'une froideur lugubre. Puis déboule le long "Extension Of The Void", qui, passé une première partie barbare et intense, entame une maléfique décélération, ouvrant une seconde moitié au bord de la rupture où le groupe tricote de répétitifs instants de mort au-dessus d'un gouffre béant et sans fin. Sur fond de rouleaux de batterie, la guitare libère des ondes hypnotiques confinant à la transe et vous labourent la peau à la manière d'un scalpel. Autant dire que ces 7 minutes hallucinantes justifient à elles seules l'achat de ce calice noir.

De même le titre éponyme qui lui succède est perforé par des breaks implacables, tout comme "He Who Conquers All" cependant que "The Deceiver" commence par arborer un blindage mid-tempo avant de partir dératiser tout ce qui bouge. Il faut presque attendre "Darkness Manifest" suivi du furieux "The Redeemer" pour avoir les mucqueuses en sang.

De fait, loin du viol attendue, Almighty Arcanum a quelque chose d'un charnier sinistre bien plus élaboré qu'il n'y parait car ses auteurs, en serrant souvent le frein à main, mise sur les atmosphères mortifères et extrêmement malsaines sans pour autant étouffer une violence qui du coup trouve là le terreau propice à sa sauvage expression. Du grand art.

Childeric Thor - 8/10