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DESOLATE SHRINE : The Sanctum Of Human Darkness

DESOLATE SHRINE - The Sanctum Of Human Darkness

Dark Descent Records, 2012

Death Metal occulte, Finlande

CD

On se doutait bien que Tenebrous Towers, son premier méfait, n'avait encore qu'à peine défloré le potentiel de DESOLATE SHRINE. The Sanctum Of Human Darkness en apporte la preuve la plus effrayante, forant davantage encore les arcanes de la noirceur la plus infernale. Pour tout dire, rarement il nous aura été donné de nous abîmer dans des atmosphères aussi oppressantes, aussi viciées.

Cyclopéen et d'inspiration quasi lovecraftienne, le Death Metal des Finlandais combine avec une force malsaine la brutalité inhérente au genre et la négativité lugubre du Black Metal le plus bouillonnant de haine. Bien qu'animée par le chanteur Hellwind Inferion, activiste de la scène extrême finlandaise et ancien membre de SACRILEGIOUS IMPALEMENT, la horde est avant la bête de celui qui se charge de tous les instruments et se planque derrière les initials LL et sur lequel on ne connaît rien, si ce n'est sa maîtrise des ambiances funéraires, du canevas aussi torturé que tortueux. Pour cela, il a recourt à divers artifices : claviers sinistres, mid-tempo souterrains que perforent de violentes saignées, longue architecture pétrifiée, accordage tellurique qui vibre comme les cordes de l'enfer...

The Sanctum Of Human Darkness a des allures de noeux coulant, d'étau qui se ressert peu à peu. On n'en sort pas indemne tant l'oeuvre suinte une haine profonde et désespérée. Avalée par l'obscurité, elle a quelque chose d'un édifice ténébreux dont chaque titre est une galerie, un boyau morbide.

Un an sépare les deux albums. Les progrès sont pourtants décisifs, notamment en terme de construction et d'arrangements, témoin "Plane Of Awake : Dreams Over Angel-Serpent Tower" que perturbent des lignes mortifères ou bien encore "Lair Of Wolf & 1000 Lions : "Nine Forgotten Names". Hampes sillonées de nervures pestilencielles, ces huit complaintes semblent former les étapes successives d'une seule et même procession, d'un même récit forcément funeste, depuis l'inaugural "Corridor (Human Altar") jusqu'au terminal "Funeral Chamber (Sacred Ceremonial Chamber)". Scindé en deux par l'instrumental "Old Man's Visit", manière de pause néanmoins chargée de remugles malsains, The Sanctum Of Human Darkness possède cette faculté plus rare qu'on ne le dit, de draper dans ce qui l'entoure d'une couche de noirceur insondable tel un suaire encrassé.

Ce faisant, il confirme tout le bien (façon de parler) qu'on subodorait de ces mystérieux finlandais qui réussissent là où leurs compatriotes de MAVETH ont échoué avec Coils Of The Black Earth , soit maintenir fermement une malfaisante érection.

Childeric Thor - 7.5/10