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Deus Otiosus : Godless

DEUS OTIOSUS - Godless

Deepsend Records / F.D.A Rekotz, 2012

Death / Thrash, Danemark

CD

Godless n'est peut-être que leur seconde saillie longue durée mais ces Danois ne sont pour autant pas nés de la dernière pluie acide puisque cela fait déjà sept ans qu'ils arpentent les caveaux d'un Death sinistre et old School.

Ce qui explique la bonne tenue de ce méfait qui, s'il ne fera bien entendu pas date dans l'histoire du genre, a au moins le mérite d'abattre le petit bois avec un art consommé des ambiances lugubres, notamment lors de plusieurs préliminaires rampants durant lesquels Deus Otiosus dresse une verge lourde et sillonnée de veines gonflées d'humeurs malsaines (\"Cast From Heaven\", \"Surround By The Dead\"), pour malheureusement vite retomber par la suite dans les méandres d'un Death débridé aux confins du Thrash là où on l'aurait bien vu maintenir un tempo implaccable, reptilien, comme il le fait d'ailleurs - très bien - sur \"New Dawn\" et ses guitares mortifères accordées plus bas que terre.

\"Pest Grave\", que déchirent des breaks pesants entre deux cadences infernales, témoigne également que serrer le frein à main sied davantage aux Danois que de foncer pied au plancher quand bien même leur niveau technique leur permet de ne jamais pédaler dans la bouillie. Goudroneux, le son est toutefois suffisemment clair pour cela.

Assez courts, ces titres sont le théâtre d'une intense copulation entre le Death, dont ils adoptent les caverneuses gorges profondes ainsi que certains modelés saignants et le Thrash pour ces cassures et autres parties instrumentales nerveuses, à l'image de \"Face The Enemy\", qui n'est par moment pas sans évoquer un lointain et vieux MEGADETH, en plus granuleux. Bref, en (bien) plus Death.

Efficace et râblé, Godless est de ces petits albums au charme modeste mais réel dont les qualités ne sauraientt toutefois masquer une certaine déception, en cela que ses apparats laissaient espérer un contenu plus old school, plus cryptique aussi, ce qu'il est, mais pas autant qu'on l'aurait souhaité... Demeure cependant dans ses moments les plus telluriques, un sens des atmopshères qui s'avère être de bon augure pour la suite.

Childeric Thor - 6.5/10