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DIODRONE CONSPIRACY : Diodrone Conspiracy

DIODRONE CONSPIRACY - Diodrone Conspiracy

UTU Conspiracy / Dio)))Drone

Drone / Ambient, Italie

CD

DIODRONE CONSPIRACY. Derrière ce nom se cache en réalité une double alliance, celle des labels underground UTU Conspiracy et Dio)))Drone d'une part, et de deux projets italiens, LA CUENTA et QUBE. Oeuvre composée et gravée à six mains, ce golem sonore ne saurait pour autant se réduire à la simple addition de trois musiciens connectés les uns aux autres, fusion plus qu'agrégat d'énergies telluriques qui se répandent déclenchant un véritable tsunami de riffs hallucinés et d'ondes bruitistes.

Sa conception mérite d'être évoquée en cela qu'elle détermine pour une bonne part la nature incantatoire et puissamment organique de ce qui être à prendre davantage comme une expérience sensitive que comme un simple disque. Happening sonore tourmenté, il s'agit d'une performance capturée au fond des bois de Vallombrosa, magma bouillonnant aux allures de rituel occulte dont le but est de dompter la force sismique du drone. Ce que le trio réussit parfaitement.

Etonnamment, l'album ne souffre pas de son caractère improvisé, rampe de lancement vers des mondes démentiels. Au contraire, il se nourrit de cette nature lâche pour ériger un édifice pétrifié, bloc de matière brute et noire tendu telle une verge monstrueuse qui palpite d'une sève ténébreuse. Cérémonie en quatre actes, Diodrone Conspiracy déroule d'interminables tentacules auxquels se greffent peu à peu psalmodies sentencieuses, soundscapes hantés, kystes mortifères qui suintent d'un mur de guitares assourdissant, blockhaus aux fondations massives enracinées dans les profondeurs de la terre.

Plus de soixante minutes durant, les trois musiciens libèrent un torrent de vibrations d'une noirceur plus intense, plus abyssale que ce que le Black metal est capable de produire, ils ouvrent les vannes d'une négativité caverneuse et crépusculaire. Du haut de ses 17 minutes au compteur, "Nell'ingresso di casa la scaffalatura della morte" ouvre l'écoute en une lente élévation en apnée, incantation cryptique où copulent en un pandémonium orgiaque riffs grondant telles des plaques tectoniques qui se chevauchent et voix lointaines comme échappées d'un puits sans fin.

Plus effrayant encore est "Anelando l'oppositore che ci liberi dalla follia del caos strisciante", derelict halluciné que dressent des guitares drone figées dans la roche tandis que l'épicentre de l'écoute est sans doute incarnée par le monumental "So che non piangero, semplicemente so che non è possibile. Tutti dovete pagare tutti", plainte interminable que parasitent des nuées de sons étranges, véritable bathyscaphe s'enfonçant peu à peu dans les ténèbres des fosses Marianne. Après ces 23 minutes aux confins de la folie, "Il gesto simbolico di katrin" est comme une bouffée salvatrice égrenée par des accords osseux, néanmoins toujours infestés d'effluves maladives qui finissent par la contaminer, entraînant l'album vers une mort programmée...

Childeric Thor - 8/10