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Eternal Mourn : Winds Of Sorrow

Terror From Hell Records, 2026

Death Doom, Italie

EP CD

Quand un groupe décide de se baptiser Eternal Mourn, on se doute qu’il ne pratiquera ni du prog ni même du black mais un bon vieux doom death des familles, rugueux et morbide à souhait, celui des années 90 lorsque Cathedral, Paradise Lost ou Katatonia lâchaitent leurs premiers rots. Voix caverneuses, guitares accordées plus bas que terre et rythmique engluée dans la terre d’un cimetière figé par le froid hivernal façonnent cet art doloriste, nostalgique peut-être, plus éternel qu’anachronique en vérité.

Comme l’illustre la photo du groupe, dont les quatre membres prennent la pose en contre-plongée devant une statue, qui en rappellera beaucoup d‘autres, rénover le crédo funèbre n’est pas le sujet d‘Eternal Mourn qui n’a d’autre ambition que de se faire plaisir en respectant les codes d’un genre établi depuis plus de trente ans où les atmosphères crouteuses et désespérées priment sur l’originalité ou la technique.

Que les gars soient italiens, gravitant par ailleurs autour d’un Black Oath malheureusement en sommeil, dit aussi beaucoup d’une expression en définitive plus mélodique que cafardeuse, expliquant pourquoi "Winds Of Sorrow" ne s’enfonce jamais totalement dans un abîme de désolation (ce n’est pas si grave), toujours éclairée, même de manière assez pale, par de superbes rais de lumière. Ce sont les guitares de ‘Falling Tears’ tissant une toile belle comme un chat qui dort en boule. C’est aussi cette voix claire, trahissant les origines méditerranéennes du groupe et évoquant son compatriote Novembre, qui caresse d’un souffle poétique et délicat le morceau titre, d’une façon aussi brève que prégnante néanmoins.

En trois processions sinueuses, de plus de sept minutes chacune, Eternal Mourn propose une véritable leçon de pur doom death granitique mais toujours envoûtant que servent une écriture affutée et une science de la progression, engourdie toutefois, qui ouvrent des paysages d’une tristesse aussi délicate que sentencieuse. Malgré un air de déjà-entendu que les Italiens assument donc complètement  (l’entame obsédante de ‘Falling Tears’ dans le plus pur style du Katatonia originel, ‘Embracing Tragedy’ dont les lignes de guitare ont la mélancolie chevillée aux notes), chaque composition laisse de profonds stigmates dans la mémoire, comme de vieux classiques déterrés d’un caveau.

Trop court galop d’essai peut-être (il ne dure qu’une petite vingtaine de minutes), "Winds Of Sorrow" n’en est pas moins indispensable pour tout amateur de doom death antédiluvien que son origine italienne couvre d’un suaire toujours mélodique. Espérons que Eternal Mourn n'en reste pas là et enfante rapidement un véritable album longue durée,  à la hauteur, qui plus est, des belles promesses de ce jet séminal.

Childeric Thor - 7.5/10