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Forefather : Last Of The Line

FOREFATHER - Last Of The Line

Seven Kingdoms, 2011

Heavy Black Viking, Royaume-Uni

CD

Forefather fait partie de ces groupes qui n'ont pas la reconnaissance et encore moins le succès qu'ils mériteraient d'avoir. Du haut de ses quinze d'activisme, le duo, formé autour des feux frères d'arme autant que de sang, Athelstan et Wulfstan, peut pourtant désormais être considéré comme un vétéran de la scène Black Metal britannique, d'obédience Viking ou pas. Après avoir remarqué grâce à trois drakkars d'une glaciale majesté, dont l'originel Deep Into Time , il aurait dû franchir une étape supplémentaire vers le Valhalla avec Ours Is The Kingdom . La faillite de son label d'alors, Karmageddon l'en a empêché. Depuis, Forefather vivote, espaçant ses créations de trois ou quatre (interminables) années.

Interminables car Forefather n'a jamais baissé les bras, continuant de graver de bons albums qui, à leur mesure, modeste, font honneur aux légendes d'Albion et à l'Angleterre pré-chrétienne, muse identique à celles des WINTERFYLLETH et autre WODENSTHRONE qu'il exalte d'une manière bien différente car plus mélodique et franchement Heavy Metal. En gommant la plupart des oripeaux qui pouvaient arrimer à leurs débuts ses auteurs à la chapelle extrême, encore que de part les thèmes païens et anti-chrétiens qui sont les siens, le groupe ne peut nier son appartenance à l'art noir, Steadfast a sans doute définitivement fixé cette identité, sorte de Black Metal (un peu) nourri à la NWOBHM (beaucoup) et à laquelle Last Of The Line reste fidèle.

La grande force de Forefather ? Composer des morceaux, des vrais, courts et ramassés, puissants et abrasifs, toujours construits autour d'une ligne mélodique imparable, d'un refrain qui s'accroche à mémoire comme une moule à un rocher. L'instrumental d'ouverture, \"Cometh The King\" nous rappelle immédiatement les Anglais à notre bon souvenir, qui n'ont pas leur pareil pour décocher ces riffs entêtants (\"Last Of The Line\") que rehaussent chant rageur et choeurs Viking. De \"Chorus Of Steel\" à la majestueuse outro \"Into The Rising Sun\", de \"By Thy Deeds\" sans oublier le lent et grandiose \"Up High\", qui vibre aux accents folkloriques de mélodies épiques, les hymnes défilent sans temps mort, faisant de cet album, le sixième de Forefather, une réussite, assurance pour ceux qui le suivent et l'apprécient depuis longtemps, d'un bon moment au goût de fer et de sang, celui de ces temps sombres et reculés.

Childéric Thor - 7.5/10