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Forgotten Woods : As The Wolves Gather

FORGOTTEN WOODS - As The Wolves Gather

No Colours Records, 1994

Black metal dépressif, Norvège

Album studio

« Ecoutez-les ! Ils sont les enfants de la nuit ! » (réplique de Bela Lugosi dans Dracula de Tod Browning (1931))

Forgotten Woods est fondé en Norvège au début des années 90 et n'a jamais brûlé d'églises... Voilà sans doute la raison pour laquelle cet excellent groupe n'a jamais connu de grands succès... C'est triste à dire, mais au final, tant mieux... Car FW a toujours fait du black metal comme il le sentait, sans suivre de courant et sans profiter de la situation comme l'ont fait en même temps que lui des groupes comme Gorgoroth ou Carpathian Forest...

La première chose qui vous marquera, et qui est sans doute le grand point fort de cet album, c'est l'absence totale de violence, car « As The Wolves Gather » ne cherche pas à faire peur, il n'a pas la haine, il ne prie pas Satan et ne cherche pas non plus à se donner une image. Ce premier album, lui, caresse son auditeur d'une patte pleine de compassion et de tristesse... Ce black metal est dépressif et hivernal, cette voix de loup hurlant et ses froides ambiances plantent le parfait décor de la nature norvégienne dans son blanc manteau dans laquelle se roulent ses tristes enfants.

Les titres sont donc très longs, les rythmes se répètent de façon frénétique sans pour autant flirter avec le rébarbatif. Les ambiances et les sentiments sont retransmis au travers d'une musique tout ce qu'il y a de plus traditionnel (guitare, basse, batterie, chant, rien de plus), transportant comme un lourd fardeau. La musique de « As the Wolves Gather » n'a aucun génie en ce qui concerne l'instrumentation mais mérite la médaille d'or pour ses structures et ses atmosphères pénibles qui restent dans la tête encore des heures après avoir quitter l'album.

Enivrant de douceur, Forgotten Woods propose alors le modèle parfait du groupe de black metal dépressif, moins compliqué qu'un Burzum ou qu'un Mütiilation. Admirez donc ce premier album resplendissant de sincérité : il a enfin le mérite de favoriser les sentiments de l'image (les musiciens se présentant sous leurs vrais noms). Enfin un album hivernal et nocturne faisant l'éloge de Mother North, le tout sans y avoir invité Satan.

Jolly Jumper - 8/10