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Grief Of Emerald : It All Turns To Ashes

GRIEF OF EMERALD - It All Turns To Ashes

Non Serviam Records, 2012

Black / Death metal, Suède

CD

Le monde change (quoique) mais pas Grief Of Emerald, éternel esquadron noir de série B disparu des écrans-radar peu après Christian Termination dans une indifférence polie et ressuscitée quelques années plus tard dans une même indifférence. Si Nightspawn en 1998, son seul véritable trophée, fait partie aux côtés des premiers méfaits de DARK FUNERAL, LORD BELIAL et autre SACRAMENTUM, de ces classiques du Black à la suédoise, il ne reste aujourd'hui cependant plus grand chose du groupe, dont seul d'ailleurs a survécu le chanteur et guitariste Jonny Letho, si ce n'est de lointains souvenirs chez ceux ayant vécu cette époque bénie et révolue.

Enfanté en 2011, The Devils Deep est arrivé avec dix ans de retard. Il en va de même de It All Turns To Ashes qui devrait toutefois plaire à une poignée de nostalgiques. Il est vrai qu'à son écoute, on a l'impression de faire un bond dans le temps, quand l'art noir se conjuguait avec lit de claviers sympho et blast dignes du lapin Duracell, le tout nappé d'une ambiance ténébreuse et satanique (\"God Of Carnage\", qu'entaille un solo de guitare final très Heavy Metal).

Reconnaissons malgré tout aux Suédois un savoir-faire incontestable, qualité qui leur permet de sauver les meubles du brasier, surtout lorsqu'ils serrent (un peu) le frein à main, ce qui ne leur arrive pas (assez) souvent. \"Where Tears Are Born\" ou certains passages de \"And Yes It Moves\" incarnent ainsi la face la plus lourde et mid-tempo de Grief Of Emerald à laquelle ce dernier préfère cependant les saillies supersoniques. Dommage. On tient là du reste ce qui séparera toujours MARDUK, qui a su évoluer vers une musique plus sinistre sans mettre en jachère sa noire négativité et ce genre de hordes dont le satanisme usé jusqu'à la corde ne parvient même plus à cacher des atours finalement des plus mélodiques.

Anachronique, It All Turns To Ashes n'est pas un mauvais disque car il envoie le petit bois avec cette science suédoise de la brutalité qui n'est pas sans posséder un petit charme mais cette bonne tenue ne saurait occulter la seule question qui s'impose en conclusion : trouvera-t-il son public ? Il est permis d'en douter... Un album carré et efficace à tout le moins. Toujours ça de pris !

Childeric Thor - 6/10