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Grima Morstua : Illustratio per Horribilem Obscuritatem

GRIMA MORSTUA - Illustratio per Horribilem Obscuritatem

Drakkar Productions, 2007

Black metal, Argentine

Album CD

L'origine géographique de Grima Morstua a de quoi nous interpeller: en provenance d'Amérique du Sud, et plus précisément d'Argentine, cette provenance mérite d'être soulignée! Le groupe, après nous avoir sorti deux démos, un split et un EP, nous offre en cette année 2007 son premier full-length, Illustratio Per Horribilem Obscuritatem , signé chez les très respectables Drakkar Productions. Ce dernier point m'a tout particulièrement intrigué, en effet, que Drakkar aille signer un groupe de contrées aussi lointaines ne doit pas être anodin: ils ont à coup sûr dénicher une de ces perles d'art noir! Et bien aussi surprenant que cela puisse paraître, j'ai été « relativement » déçu par cet album. Relativement, oui, car si le groupe possède d'indéniables qualités (que je développerai par la suite), d'autres aspects sont loin d'être à leur honneur. Le travail au niveau des riffs est de qualité, ce sera même là le gros point fort de ce skeud (les deux bons morceaux que sont « For my vengeance to rest » et « Gods of rotten human flesh », coïncidence, puisque ce sont les deux seuls titres en anglais). Ne révolutionnant pas le genre pour autant, la présence d'influences, rappelons que c'est leur premier album, n'est cependant pas si évidente que ça. Si la créativité au niveau des riffs est à souligner, sans tomber dans une espèce de black thrashisant pour autant, le jeu de batterie lui laisse à désirer. Beaucoup trop linéaire, pas assez subtile, il empêche d'apporter ce petit quelque chose de « surprenant » dans leurs compositions, une comparaison avec certaines galettes de HORNA serait peut-être appropriée. Autre critique que l'on pourrait faire, et qui va de pair avec la précédente, vient du fait que la production elle aussi manque d'un petit quelque chose. Sans être mauvaise, elle manque néanmoins de volume, de rondeur. Tout cela nous emmène à ce dernier point: si, paradoxalement, les riffs sont efficaces, la musique du groupe va rapidement tomber dans une certaine monotonie. Le chant, en espagnol mais ce n'est pas flagrant, avec de très bon passages comme à la fin de « Asesina tu luz », me faisant rappeler des groupes comme STERBEND voir SILENCER pour les cris aigus, peine à rehausser le tout. Pas exceptionnellement long pourtant, celui-ci étant composé de 7 morceaux, l'album traîne un peu en longueur sur la fin.
Je serai tenter de dire que ce n'est pas trop mal pour un premier essai, peut-être m'attendais-je à plus venant d'un groupe provenant de Drakkar, peut-être... Le groupe doit, à mon humble avis, creuser un peu plus, pas qu'il soit une pâle copie d'un groupe norvégien, mais afin de développer, de mettre en place une ambiance plus singulière dans leurs compos. Dernier point, je tiens à souligner la qualité de la pochette. Certes « typique » à première vue, en noir et blanc, celle-ci, après quelques secondes d'attention, se révèle beaucoup plus subtile et soignée qu'elle ne le paraît.

Caedes - 6,5/10