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Imprecation : Satanae Tenebris Inifinita

IMPRECATION - Satanae Tenebris Inifinita

Dark Descent Records, 2013

Black / Death metal, USA

CD

Ce qu'il y a de pratique avec le mythique Chris Moyen, c'est que ses pochettes aussi délicieusement cradingues que génialement malsaines, suffisent à définir le contenu dont elles sont l'écrin immédiatement identifiable ! Satanae Tenebris Infinita ne déroge par à cette règle immuable, exsudat forcément dégueulasse à base de Black Death pustuleux, pataugeant dans la barbaque.

Premier blasphème longue durée des Américains, c'est peu dire que celui-ci était attendu comme un messie perverti, corollaire d'un statut enviable de dinosaures cultes au sein de la chapelle extrême US que ses géniteurs trimbalent sur le coin de la gueule. Réputation qu'ils doivent à des préliminaires poissés d'un flot menstruel, la démo Ceremony Of The Nine Angels en 1992, suivi l'année suivant par le EP Sigil Of Baphomet . Plus ou moins mort en 1998, le groupe sort de sa tombe dix ans plus tard, zombie plus malfaisant que jamais, avide de chair fraiche et de jeunes vierges à lutiner en hommage au Grand Bouc.

Notamment enlisés dans la médiocrité d'un art noir de seconde zone avec BAHIMIRON ou ADUMUS dans lesquels on croise certains d'entre-eux, ces vilains se montrent bien plus convaincant dans le registre purulent d'un Death morbide qui ne passe quasiment jamais la seconde. Ou si peu, le temps d'une saillie un peu rude en guise d'ouverture, \"Blood Dominion\", que perfore toutefois une décélération rampante. Puis \"From Beyond The Fiery Temples \" impose un tempo mortifère, comme prisonnier d'une semence épaisse et visqueuse. Quelques accélérations dignes d'une limace ayant absorbée de l'EPO par boîte de 12 jaillissent à intervalles irréguliers de ces miasmes stagnant au fond d'une crypte abritant quelque rituels sataniques.

Aux confins d'un Death Doom baveux, ces pustules vibrent au son de guitares accordées plus bas que terre, socle cendreux d'un tumulus souterrain, à l'image du pesant \"Of The Black Earth\" comme échappé d'un vieux ASPHYX. De parcimonieux kystes de claviers qui étendent un voile ténébreux (\"The Coils Of Eden\") achèvent une expression primitive, celle du mal originel. Ces morceaux pestilentiels exhalant le stupre et la vermine, font bien entendu leur petit effet mais ne suffisent pas éviter Satanae Tenebris Infinita de traîner un peu en longueur, un comble pour un album d'à peine 40 minutes au jus !

Le talent ne se mesure pas au nombre d'année (ça se saurait) et Imprecation donne l'impression d'être désormais dépassé par une nouvelle génération de groupes à la fois plus inspirés et surtout plus Evil. Mais ne boudons toutefois pas notre plaisir à l'écoute de ces lourdes érections à la croûte craquelée de moisissures, éjaculant une lèpre démoniaque et infâme.

Childeric Thor - 6/10