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Kerretta : Vilayer

KERRETTA - Vilayer

Golden Antenna, 2010

Postcore, Nouvelle Zélande

CD/LP

Trois néo-zélandais composent Kerretta, et balancent la purée de la manière la moins conventionnelle, ou plutôt de la façon la plus casse-gueule qui soit, à savoir par le biais d'une musique 100% instrumentale... argh...oué, c'est aussi ce que je me suis dit, car ça a intérêt à être sacrément inspiré au niveau des riffs ou ambiance pour captiver un auditeur sur 45 minutes. Leurs influences (avérées ou non, on s'en cogne, ce genre me dépasse totalement) se trouvent vers ISIS et MOGWAI, des pointures, donc les fans de ces groupes trépignent déjà d'impatience, la bave aux lèvres. Du postcore pur et pas très dur au final, mais suffisamment bien branlé pour susciter plus qu'un intérêt curieux. Ça joue de manière agréable combinant riffs aériens à certains passages plus musclés et appuyés par la batterie (qui est tout de même dans une tendance plus rock) et la gratte qui se fait en certains moments plus dure et finalement très metal. Les ambiances sont extrêmement agréables, pour ne pas dire reposantes, pas forcément ce qu'on attends quand on est fan d'extrême, mais quand on est tout simplement fan de musique, avoir cette facette planante est un régal car ça marche. Avec ce revers de médaille étant celui de laisser la zique se dérouler sans y prêter beaucoup d'attention...ce qui arrive fatalement au milieu de l'album malgré des titres intéressants, mais plus propices à un glissement de l'esprit sous substances illicites (avec l'excellent Dinshah par exemple). Le groupe montre une facette sur la fin de l'album largement plus intéressante au niveau émotionnel, avec White lie et son ambiance exotique, et agressive sur le début de Bone amber reigns où les guitares prennent un tour plus indus et vicieux, pour finalement retomber dans une ambiance plus plan-plan. Très intéressant musicalement même si par moment une voix gueularde aurait été bien venue, les rapprochant en ce sens d'un CULT OF LUNA, plus planant et plus détaché du tronc metal. À conseiller aux amateurs camés en recherche d'un fond sonore pour glisser en douceur d'un monde à l'autre.

Dr J. - 7,5/10