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LASTER : Wijsgeer & Narreman

LASTER - Wijsgeer & Narreman

Dunkelheit Produktionen, 2012

Black Metal dépressif, Pays-Bas

Demo

Il n'aura peut-être vécu qu'une (trop) petite poignée d'années et finalement enfanté que deux seuls opus longue durée (que complètent certes deux splits et un EP qui en réalité ne faisait que recycler Only The Wind Remembers , son segmet de l'alliance avec LYRINX), il n'en demeure pourtant pas moins qu'AUSTERE a réussi à s'imposer tel un mètre-étalon du Black Metal dépressif. On appelle çà une référence. Et, comme toutes les références, sa maigre - d'un point de vue strictement quantitatif, s'entend - contribution à l'art noir, ne cesse depuis trois ou quatre ans d'être pompée jusqu'à l'écoeurement par des cohortes de traîne-savates incapables d'avoir ne serait-ce qu'une idée personnelle.

S'il ne peut nier cette influence qui semble ne pas lui servir seulement de combustible et surtout de raison d'être, LASTER mérite mieux que tous ces clones des Australiens. Ceci dit, on n'attendait pas forcément grande chose de l'hydre à deux têtes aux commandes de ce projet qui a vu la nuit il y a quelques mois à peine, N. et W. Damiaen (là encore clin d'oeil évident à Desolate et Sorrow) n'ayant quasiment jamais encore dépassé le stade de la démo avec leurs combos respectifs tous plus obscurs les uns que les autres si ce n'est un énième esquadron de la mort. Or, Wijsgeer & Narreman , en même pas 20 minutes, démontre que LASTER risque d'être bien plus que cela.

Avec ses trois complaintes, cette démo, que Dunkelheit, label précieux au demeurant, tente de faire passer pour un EP, brille d'un lustre grisâtre, austère dirions-nous sans vouloir faire de jeu de mots. Plus ramassées que chez leur aîné des antipodes, ces compositions parviennent à tout résumer en six minutes en moyenne, hormis le temps du titre éponyme et dernier clou du cercueil, plus hypnotique, où les riffs lancinants ouvrent les vannes d'une désolation infinie et que renforcent encore les fugaces arpèges acoustiques surgissant lors de la dernière partie, prélude squelettique avant l'accélération finale. C'est cet art de la synthèse remarquable permet aux Hollandais de se distinguer.

Le chant hurlé et cette façon d'ériger une cathédrale aux arêtes tranchantes d'une glaciale beauté, sont des invariants bien entendu identifiés mais sont ici employés avec suffisemment d'inspiration pour faire de Laster un groupe à suivre de très très près, le moment où il accouchera d'un premier véritable album lequel, en toute logique, devrait être à la hauteur des promesses déjà nichées dans les replis de cette démo séminale forcément bien trop courte...

childéric Thor - 7.5