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LES FLEURS DU MAL : Brunnen

LES FLEURS DU MAL - Brunnen

Wolfsgrimm Records, 2012

Ambient Black Metal, Autriche

CD

Malgré son nom, LES FLEURS DU MAL n'est pas un groupe français mais autrichien, né des cendres de DUNKELHEIN. Encore que parler de groupe à son égard est exagéré car il s'agit encore une fois d'un one-man band, format qui pullule au sein du Black Metal et plus encore dans sa déclinaison Ambient comme c'est le cas ici. Le dénommé (?) Shaaman Arnar est la gargouille misanthrope qui se cache derrière ce projet sur lequel on ne sait donc pas grand chose. Ce n'est pas grave. L'essentiel est ailleurs en effet, dans cette musique comme seules les ténèbres peuvent en produire.

En 2010, modeste production, Schattenfeuer a esquissé une identité encore en gestation, aux confluents du Black dépressif et de l'Ambient, deux sous-chapelles, du reste, bien souvent connectées l'une à l'autre. Brunnen en reprend la structure, bâtie autour de plaintes étirées (presque 20 minutes pour "Schlafwandler"), volontairement répétitives, tout en accentuant les traits les plus cosmiques de sa personnalité. Incantations, soundscapes et autres murmures définissent une plastique lancinante, dérive parfois interminable au fin fond de l'espace.

Le chant (?) est tellement lointain, trafiqué qu'il participe à la dimension fortement instrumentale de ce maillage sonore, vain parfois, à l'image de 'Totenhall" dont les bruitages ne mènent nulle part, irradiant une espèce de beauté étrange lorsque l'Autrichien laisse les atours Black Metal affleurer à la surface, comme c'est le cas de la seconde partie de "Die Wendeltreppe" ou du titre éponyme, lequel n'est pas sans évoquer les figures spectrales de BORGNE et de DARKSPACE. Louchant aussi vers TRIST époque Willenskraft , le talent moindre toutefois, LES FLEURS DU MAL peine encore à passionner sur la durée. Oscillant entre trame hypnotique et effluves nébuleuses,"Schlafwandler" illustre bien cette réussite en demi teinte qui n'évite pas toujours l'ennui.

Funambule, Shaaman Arnar enfante avec Brunnen , une seconde offrande en perpétuel et fragile équilibre entre esbrouffe et emphase cosmique. Dasn ses meilleurs moments, pourtant, il parvient réellement à attirer l'auditeur vers des sphères célestes énigmatiques, comme si l'album, résonnant d'un écho lointain, s'était échappé d'un trou noir...

Childeric Thor - 7/10