LUCIFERA : Unidas En Alcohol, Cuero y Metal

LUCIFERA - Unidas En Alcohol, Cuero y Metal

War Productions, 2011

Speed / Thrash Metal, Colombie

Tape

Amérique du Sud et Metal se conjuguent toujours avec sauvagerie, que ce soit du côté du public, parmi les plus déchaînés du monde si l'on en croit les témoignages de ceux qui ont tourné là bas, ou des groupes peu réputés pour faire dans la dentelle, le manque évident de moyens n'arrangeant, qui plus est, pas les choses.

Venant de Colombie, ne cherchez pas une quelconque trace de féminité chez LUCIFERA comme chez VIRGIN KILLER au motif que les deux hordes sont entièrement animées par des nanas et que le premier doit - sans doute - son nom à une célèbre et désirable héroïne des fameux fumetti, ces bds italiennes bon marché : vous n'en trouverez pas ! Comme le titre du split qu'elles partagent aujourd'hui le laisse deviner, ces tigresses n'ont rien à envier aux mecs et n'ont certainement jamais entendu parler des déodorants Narta. Leur Thrash Metal à la old KREATOR et SODOM sent bon la sueur, la bière et le sperme, sainte trinité dont elles sont les incontestables déesses au physique aussi charmant que leur musique est bestiale. C'est peu dire !

Les filles de LUCIFERA sont les premières à écarter les cuisses, dévoilant une toison chaotique et crachant une semence cradingue. Au programme, six titres, six glaviots survoltés et autant d'odes à la destruction, à l'annihilation. (vaguement) mélodiques parfois, le temps de l'intro de "Guerra Infernal", le plus souvent barbare. Le tout va à 100 à l'heure et sans vaseline, bricolé par des furies au fond d'une cave. Et c'est en toute logique qu'elles se fendent pour terminer d'une reprise bordélique du "Tormentor" de KREATOR dont elles n'ont bien entendu pas le talent, se contentant de faire gicler la sauce, grumeaux et larsen compris. Ce n'est pas grave.

Le constat est d'ailleurs à peu près le même concernant VIRGIN KILLER dont le retro-Thrash, lorgnant certes davantage vers le Heavy Metal, ne doit (forcément) rien à SCORPIONS. Pouvant évoquer de manière néanmoins fort lointaine, un CRYSTAL VIPER en version démo capturée en une seule prise et sous l'emprise de l'alcool, le groupe a lui aussi droit à six morceaux comprenant deux extraits live au son encore plus dégueulasse.

Si on est bien obligé de reconnaître que sans leur nature 100% féminine qui fait fonctionner l'érectomètre à plein régime, il est peu probable qu'on se serait intéressé à LUCIFERA et à VIRGIN KILLER, auteurs de ce split à l'intérêt musical sympathique mais limité, reste que tous les deux illustrent bien ce metal extrême underground sud-américain qui a pour lui sa sincérité, son authenticité. Mieux, la technique rudimentaire dont ils disposent, loin d'être facheuse, contribue au contraire à les auréoler d'un cachet primitif, celui là même qui polluait et rendait donc si excitant les premiers rôts des Bathory et autre Sodom.

Childéric Thor - 6/10