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Majestic Downfall : The Blood Dance

MAJESTIC DOWNFALL - The Blood Dance

My Kingdom Music, 2011

Doom Death, Mexique

CD

On connaît mal la scène mexicaine, extrême ou pas. C'est pourquoi il convient de s'arrêter un moment dessus lorsque l'on tombe sur un de ses rejetons et un bon qui plus est. C'est le cas donc de Majestic Downfall. Et encore un fois, on ne peut qu'être frappé sinon étonné de la faculté dont des musiciens pourtant issus d'un pays chaud et ensoleillé, peut accoucher d'un art d'une noirceur aussi crépusculaire, sans l'être auatnt cependant que certains groupes, portugais notamment, tel que ARS DIAVOLI.

Oeuvre du (quasiment) seul Jacobo Cordova, qui tel une pieuvre se charge de tous les instruments, sauf de la batterie qu'il délègue à un autre être humain, la chose pratique de profondes excavations dans la terre du Doom Death d'obédience britannique, patronage que ne fait qu'affirmer The Blood Dance , son second psaume après un Temple Of Guilt remarqué. Certaines lignes vocales ainsi que ces guitares minérales creusant le titre éponyme ou le très long \"From Black To Dead\" témoignent du tribut que le mexicain doit au ANATHEMA originel, celui de Serenades et The Silent Enigma (le meilleur donc). Il n'est pas le seul du reste et comme la qualité vient gratter à la porte du cimetière, on ne s'en plaindra pas.

De fait, des gorges profondes exécutées par le maître des lieux jusqu'aux ambiances lestées de plomb, ruisselant un désespoir infini, que forgent des riffs granuleux qui paraissent abriter toute la tritesse du monde, The Blood Dance est un pur concentré de Doom caverneux. Pris au hasard de cette écoute placée sous le signe d'un faute qui ne peut être pardonnée, l'introdution de \"Dimension Plague\" nous ramène donc près de vingt ans en arrière ! Seules quelques arpèges acoustiques discrètement posés et trahisssant les origines hispaniques du projet, viennent rompre timidement les amarres qui attachent le projet au UK Doom Death des années 90. Mais loin de la simple dette aux aînés, on sent chez Majestic Downfall une vraie sincérité. Il y a un tel sentiment d'inexorabilité larvé dans les recoins des monstrueux \"Army Of Salvation\" ou \"Majestic Embrace\" qu'il est évident que le groupe ne triche pas dans sa manière de dépeindre la désolation.

L'enthousiasme à peine altéré par une fin de parcours qui n'apporte pas grand chose de plus si ce n'est une durée suffisante, The Blood Dance s'avère être une bonne corde à laquelle se balancer, confirmant tout le bien que l'on pense de son auteur depuis ses modestes débuts. Du Doom Death rapeux et granitique fidèle à la tradition, au son rêche sans être baveux. L'amateur éclairé ne peut pas être déçu, heureux de constater que le genre continue d'essaimer un peu partout dans le monde et ce d'autant plus que les pères fondateurs de cette sous-chapelle l'ont maintenant désertée depuis longtemps déjà...

Childeric Thor - 7/10