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Maléfice : Le Monastère des Hommes en Noir

Hammerbund, 2016

Black Metal Epic, France

CD

Il est toujours difficile pour un chroniqueur de trouver l'éternel équilibre entre la passion et la raison, entre ce qu'il ressent (que cela soit positif ou négatif) et la qualité inhérente de l'œuvre qui lui est proposée. Lorsque j'ai reçu le CD de MALEFICE, je ne connaissais absolument rien de la formation française. Mon premier contact avec le groupe fut d'ordre visuel de par le logo et la pochette. Outre la nostalgie présente dans ces éléments (chose dont je ne traiterai pas car la politique n'est absolument pas un domaine qui m'intéresse), il m'a fallu un premier temps d'adaptation pour oser aller plus loin que la pochette. Corbeau, chauve-souris en masse, soucoupes volantes... bref je peinais à y voir autre chose qu'un clin d'œil à Harry Potter et E.T. Mais bon, la curiosité l'emporta car, au fond de moi, j'avais le souvenir de l'album de Stahlfront qui, malgré le délire soucoupes volantes nazies, reste vraiment agréable à l'écoute... Et là... SURPRISE !!! (mais pas le genre de surprise bien où ta compagne t'attend en petite tenue frivole avec une bouteille de vin pour fêter ton augmentation de salaire... Non... Le genre de surprise où tes parents essayent d'organiser une fête pour toi en invitant les types de ton école ou de ton boulot sans savoir que tu ne peux pas les voir et que ces derniers ne connaissent même pas ton prénom).

Avant tout, je tenais à m'excuser pour le temps qu'il m'a fallu à écrire cette chronique. Non pas que je ne voulais pas la rédiger, mais tout simplement parce que je n'y arrivais pas. En effet, à l'écoute de l'album, aucune émotion ne me venait... J'étais là, vide, devant ma stéréo. Je ne détestais pas, mais je n'aimais pas non plus. Les morceaux s'enchaînaient et aucun ne me revenait après écoute. La seule chose qui me restait, c'était le cri d'oiseau qui se trouve à 3min06 sur le titre Lorsque le château rêve... Autant dire que ce n'est pas suffisant pour une chronique... Ceux qui me connaissent personnellement savent à quel point l'amour que je porte à Summoning est quasi-inexistant. En effet, sans critiquer les qualités inhérentes de composition, le problème surgissant lors de l'écoute est un sentiment d'ennuis profond, augmenté par touche de petits claviers qui résonnent à mes oreilles comme des ongles sur un tableau noir. Alors, je ne renie en rien que ce genre de groupes m'a parlé lorsque j'avais 15 ans, mais désormais je ne peux plus. Et c'est précisément LA première référence qui nous vient à l'esprit lorsque l'on entend cet album. Autant les personnes qui me disent que Baise ma Hache c'est du Peste Noire... je ne comprends pas. Autant là, il faudrait énormément de mauvaise foi pour se convaincre de l'absence de similitudes avec la formation autrichienne.

Néanmoins, en tant qu'artiste et chroniqueur, je ne suis absolument pas partisan de la méthode où il suffit de dire "je n'aime pas" ou "ce n'est pas bon". Il est clair qu'un travail a été fourni. Il est indéniable que Le Monastère des Hommes en Noir a des qualités et qu'il plaira à un groupe de personnes dont les intérêts, le vécu, les affects,... trouveront des résonnances positives dans cette œuvre. Il ne m'est donc en aucun cas permis de juger le travail d'autrui de manière catégorique en se basant seulement sur ce que j'ai ressenti (d'autant que dans ce cas... je n'ai rien ressenti). De ce fait, que nous réserve ce MALEFICE ?

Sorti sur le label allemand Hammerbund, le premier album de cette formation française nous offre donc huit titres d'un black metal ambiant, lent et épic. S'ouvrant par une piste instrumentale d'introduction, laquelle débutant par quelques samples en langues de Goethe. L'album prend toute sa forme dès le titre Une Vengeance pour mille ans ! Guitares en retrait, voix lointaine et clavier omniprésents. Comme dit plus haut, ce son est justement la chose qui nous fera penser à la célèbre formation autrichienne. Pour ma part, les claviers/orchestrations sont LE détails qui me bloque. A mon sens beaucoup trop mis en avant, comme nous pouvons le constater dès 1min07 du titre susmentionné. Cela amène une perte de dynamisme  qui se retrouve tout au long de l'album. Car la principale remarque que je trouve à faire, c'est que tous les morceaux se ressemblent. Aucun ne sort du lot et ne m'a donné l'envie de dire : "AH !!!!! Celui-ci là je me le réécoute dès qu'il est fini !". A nouveau, il s'agit là de goûts personnels et une personne aimant ce type de son sera ravie, mais je n'arrive pas à trouver la flamme. Les morceaux s'enchaînent néanmoins avec fluidité et cohérence. Il est aussi agréable de voir la collaboration qui peut naître entre artistes comme il est le cas ici dans le morceau "Dans la salle au soleil noir" où Thorwald de Baise ma Hache fait une intervention vocale. Et c'est en réécoutant ce morceau que j'ai compris que je ne devrais pas trop forcé à l'écoute de cet album pour ne pas en être dégouté et me laisser envahir par de faux préjugés. Car, même appréciant la voix de Thorwald en général, j'ai trouver le rendu ici peu convainquant en entendant ces cris noyés sous les orchestrations comme nous pouvons l'entendre à 1min35. Pas de hargne, pas de folie,... Je suis conscient que ce ne sont pas les éléments à chercher dans ce genre de style. Mais justement, cela me manque.

Le Monastère des Hommes en Noir demeure donc un album sur lequel il y a du travail, mais qui malheureusement manque encore d'identité. Les idées sont là, mais le résultat final est vide d'impacte et de hargne, ceux-ci se perdant dans la nuée sonore. Il est cependant indéniable que cette album plaira aux personnes amatrices de ce style. Pour ma part, j'estime qu'il y a un temps pour tout... Et mon temps pour cet album n'est pas encore arrivé ou est dépassé. Quoi qu'il en soit, comme toujours, je conseille vivement à chacun de faire sa propre écoute pour se faire son propre avis. Les chroniques ne sont en rien des vérités absolues, créez-vous la votre !

Je tenais encore un fois à remercier MALEFICE pour sa patience et pour l'effort fournis dans cet album.

Onbra.Oscoura - 5/10