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Muta : S/T

MUTA - S/T

Autoproduction, 2008

Death(core) metal, France

EP

« Le primat du quantitatif a entraîné la dépossession de nos plus vitales facultés mentales et physiques. Chacun peut constater que la profusion des prothèses électroniques et des systèmes experts provoque une Muta tion de la société tout entière en une méga machine vouée au culte de la rentabilité et au sein de laquelle l'être humain ne sera bientôt plus qu'un rouage interchangeable de la société. De là, la prolifération consentie des nuisances toxiques, la dissolution des liens sociaux et l'hébétude des individus, errant dans l'agencement du néant en quête de pensée magique et de reconnaissance - et ne butant que sur des leurres... » John Zerzan , Aux sources de l'aliénation . Cette diatribe n'est pas du groupe, mais résume globalement le concept de cet EP: les mutations que subit et cause l'être humain. Pas de discours antéchrist (risible) ici, pas de scènes gore ni de rupture amoureuse difficile, juste une formation en phase avec son/notre époque formidable, qui a ressenti le besoin (et le devoir?) d'aborder des sujets préoccupants tels que la mutation et l'aliénation de l'être humain. Musicalement, le groupe est à inscrire dans la nouvelle mouvance française métallique, aux côtés de formation comme Gojira , Mistaken Element et Trepalium . Si on creuse vraiment, on ressentira une touche Morbid Angel ... rencontrant une formation comme Tool . Je ne vais pas créer de faux espoirs, les Muta ne révolutionnent pas la scène, et je ne pense pas d'ailleurs qui l'aient cette prétention. C'est efficace, millimétré et saccadé. On retrouve un peu ces atmosphères proche d'une « Terra Incognita », avec une forte touche de sincérité néanmoins. L'ensemble de l'EP donne une curieuse sensation: c'est homogène sans vraiment l'être. Le groupe sait à présent grossièrement dans quelle voie ils veulent s'engager, reste à présent à peaufiner l'identité musicale, et on ressent ce désir à l‘écoute des morceaux. Le son est tout à fait satisfaisant pour une autoproduction, ne confirmant qu'un peu plus, qu'à présent, il n'est pas obliger de traverser l'Atlantique ou de monter en Suède pour avoir un son digne de ce nom! Un premier essai qui se révèle être au final concluant pour les adeptes de (néo?) death metal (les fans old school des premiers Entombed et Obituary resteront néanmoins de marbre), même si l'auditeur sera sûrement plus exigeant à la sortie de leur premier full-length: à suivre et à soutenir comme les professionnels disent!

My Own Vision:
- « Alors... comment ça va aujourd'hui? Tu te sens mieux?
- Oh, j'ai fais... un rêve!
- Un rêve?!
- La ville était recouverte d'une ombre noire. Elle s'est mise à tomber en ruine, les habitants ont été pris de panique et là c'est arrivé... »

Caedes - 8/10