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NACHTVORST : Silence

NACHTVORST - Silence

Code 666, 2012

Post Black / Doom, Pays-Bas

CD

Soyons honnêtes et reconnaissons que, jusqu'à présent, NACHTVORST était surtout un de ces (petits) groupuscules pululant au sein de la chapelle invertie, ni pire ni vraiment meilleur que d'autres et ce, en dépit d'un Stills (2009) de bonne mémoire. Ceci dit, Meditations I , tape limitée à 200 exemplaires publiée via Dunkelheit il y a un an, étonnait déjà gràce à son unique piste de plus de 20 minutes au compteur, moins pour sa durée - les Hollandais se sont faits une spécialité de ce type de compositions sans pour autant être alors allés aussi loin - que pour sa qualité. Bref, de la (bonne) série B dont on mesure maintenant à l'aune de leur seconde offrande combien ces premiers essais étaient les quelques arbres cachant la forêt.

Leopold et Erghak, l'hydre à deux tête de cette formation, ont-ils bouffé du Viagra par boîte de 12 ? Sinon comment expliquer une inspiration d'une telle vigueur. A ses débuts arrimé au Black/Doom (forcément) dépressif comme en déversent des bataillons de traîne-savates, NACHTVORST, avec Silence , transcende son art en lui injectant de timides - heureusement - touches Shoegaze et d'autres, qui le sont beaucoup moins, issues du Post-Rock, accouchant d'une oeuvre mâture d'une dimension insoupçonnée digne des plus grands.

Entre deux courtes plaintes instrumentales qui, pour une fois, ne sont pas synomynes de vain remplissage, ce sont quatre monuments de douleur et d'ambiences vicieusement distillées qui tissent peu à peu une toile dont on ne peut finir que prisonnier. "The Serpent's Tongue" et ses modelés Doom presque Sludge mais que fracture un pont atmosphérique, "Nightwinds", tout d'abord rapide, très Black Metal dans l'accroche et amorcant par la suite une seconde partie lestée de plomb d'une beauté pétrifiée, "Gentle Notice Of A Final Breath", qui résonne au son d'une basse mangeuse d'espace et fruit de la copulation entre art noir suicidaire et Post Rock poignant (les ultimes mesures vous donnent ainsi des frissons) et "Away Of Silence", pulsation terminale à l'accélaration finale salvatrice, sont autant de perles noires, invitations à un voyage introspectif dans les méandres d'une froide et ténébreuse dépression. On n'attendait pas NACHTVORST à un tel niveau d'écriture, d'atmopshères et de jeu.

On a eu tort, Silence pouvant être tenu pour l'un des plus foisonnants disques que le Black/Doom nous ait offert cette année et dont on voit, pour le moment, mal quel autre opus pourrait venir lui contester ce très mérité trophet. Une révélation.

Childéric Thor - 8/10