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Nastrond : Muspellz Synir

NASTROND - Muspellz Synir

Debemur Morti, 2008

Black metal, Suéde

Album CD

Debemur Morti n'a plus à être présenté, tout du moins, il n'a pas à être présenté à tous ces attardés mentaux à peine convertis au metal extrême. Label intègre que j'affectionne tout particulièrement, que ce soit pour ses productions et/ou son « esprit », c'est avec un certain plaisir que je me suis penché sur Nåstrond (à ne pas confondre avec les death-metaleux de Natron ), qui, je dois bien l'admettre, m'était inconnu. Ce groupe suédois n'étant pourtant pas à ses débuts, leur première démo « The Black Winter » étant sorti en 1993, ce quatrième full-length fait suite au split avec l'excellent groupe Myrkr .
Difficile de cerner ce groupe, difficile d'appréhender cet album. Résolument complexe dans son approche de composition, c'est le style d'album qui demande indubitablement de nombreuses écoutes afin de le cerner complètement. Une certaine disparité, dans le sens absence d'unité, se fera ressentir auprès de l'auditeur, les morceaux étant loin d'être consubstantiels, on a cette impression, peut-être à raison d'ailleurs, que tous ces morceaux n'ont pas été composés durant la même période. Passant à des groupes comme Vrolok (avec des approches dissonantes, comme sur l'intro « The Gallow Reveals »), à du Celtic Frost version Monotheist au niveau des riffs avec « Fenrir Prophesy », du Xasthur , en certes moins bien (les nappes de clavier étant beaucoup moins riches en émotions), sur le dernier morceau « Nåstrond », mais également aux premiers et légendaires Bathory , certains auditeurs pourront être déstabilisés. D'autres, amateurs d'approches nouvelles et atypiques, résolument déstabilisantes, pourront peut-être, quant à eux, trouver leur bonheur. Pour ma part, cette absence d'unité au sein de cet album fleuve, avec ces 14 pistes, m'est apparut beaucoup trop disparate. Sans forcément conseiller au groupe de s'enfermer dans un style de composition, je pense néanmoins qu'il gagnerait en efficacité/ambiance à ne pas trop s'étendre. Les morceaux mid-tempo, par exemple, comme sur l‘excellent « Die Sense die die schwarze Herbstzeitlose mäht » (j'serais curieux d'entendre le chanteur l'annoncer en live celle-là!), sont particulièrement maîtrisés, jouant avec réussite sur des ambiances sombres et occultes, prouvant donc que ce groupe a du potentiel...
Un album qui, comme dit en exorde, demande de nombreuses écoutes. Album qui, également, entraînera des réactions diamétralement opposées. Pouvant aussi bien faire figure d'ultime pour tous les aficionados d'approches atypiques, voir expérimentales à certains moments, que d'emmerdement total, une écoute, personnelle, semble être la seule solution afin d'éviter un jugement biaisé. Cet album frôle à certains moments avec certains mastodontes du style, sans toutefois arriver à se faire sa propre place, unanime. Je terminerai donc sur/avec une locution latine, résumant la musique ainsi que l'objectif que ces deux suédois se sont fixés: Divide ut regnes !

Caedes - 6,5/10