Auto production, 2025
Occult Ambient, France
Album CD
Limité à 10 exemplaires numérotés à la main, c’est peu dire que cette alliance entre Pandémonium et Horrendum a quelque chose d’un obscur présent réservé à une toute petite poignée d’initiés. Initiés, il faut l’être par ailleurs pour venir à bout de ces quarante-cinq minutes aussi froides qu’hermétiques dont affirmer qu’elles se méritent tient du doux euphémisme, déambulation hiératique dans les boyaux d’un dark ambient sinistre et spectral dans sa définition la plus occulte et austère.
Si parler ici d’alliance plutôt que de split est déjà plus opportun, on lui préférera le terme de "communion", en vérité plus juste pour désigner le fruit de cette collaboration entre deux entités mues par une approche du genre non pas identique mais à tout le moins complémentaire. Deux auteurs qui se répondent, chacun par l’entremise d’une longue plainte aux allures de derelict à la fois inquiétant et mystérieux.
Pandémonium est le premier à résonner, projet dark ambient occulte resté silencieux pendant de nombreuses années que son créateur, F. Désolation (Litanie), a le bon de goût de ressusciter, confirmant après Valse Mortifère, une inspiration renouvelée pour ces errances funèbres. Grouillant de manipulations fantomatiques, 'Abyssus Animarum' se répand tel un écho étrange, rituel lointain et presque expérimental dans son expression étouffée par moments plus proche de la musique concrète que de l’ambient. Une oreille distraite pourrait croire qu’il ne se passe rien durant ces 24 minutes désolées. Pourtant, encore une fois, le bonhomme réussit à matérialiser le souffle désincarné d’une demeure abandonnée par la vie mais hantée par la mort.
Horrendum lui succède. Il est l’un des multiples visages de Sombre qui, à, l’instar de son partenaire, aime graviter entre black metal et dark ambient, soulignant en cela la porosité qui existe depuis toujours entre les deux. 'In Obscura Nocte' est le titre de sa contribution. Pas plus accessible que sa devancière et peuplée de voix spectrales, cette plainte semble plus encore avoir été captée directement dans le dédale d’une maison lugubre où restent emprisonnées les âmes tourmentées de ceux l’ont habitée. Laissant les glaciales ténèbres envahir tout l’espace, l’ensemble ne s’écoute pas mais se vit, se ressent, expérience sensorielle unique.