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Patologicum : Hecatomb of Aberration

PATOLOGICUM - Hecatomb of Aberration

Crude entertainment, 2003

Gore/death metal, Pologne

Album CD

Ah, cet album ! Quel questionnement profond il a suscité en moi ! Je vous l'avoue d'emblée, avec tout le parti-pris qu'il en découle, je n'ai pas du tout apprécié à la première écoute. Pourtant, c'est du gore, simple et monotone, on sait à quoi s'attendre, et mieux vaut ne pas s'y risquer si l'on n'est pas amateur de la chose. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître je n'ai pas du tout accroché.
Ce n'est qu'en écoutant de nombreuses reprises que j'ai su alléger les reproches que l'on peut faire à ce groupe polonais, qui s'est lancé dans le gore en 1999, et a depuis s'est forgé une bonne réputation en matière de ‘gore cadavérique'.
« Hecatomb of aberration » est un album très inspiré par la filmographie des films gloomy. Sur ce point, l'introduction est parlante. Il s'agit de la retranscription sonore d'une scène de films d'horreur sanglant. Miam miam. On en redemande encore ‘et en gore'(à prononcer avec l'accent de cet Allemand qui aurait avalé une brosse à cheveux, comme dirait Poelvoorde). Voilà pour la rigolade.
Des sons inquiétants, craquelants et purulents, des craquements d'os, du pus qui gicle...bref, de la finesse, beaucoup de finesse.
Les extraits sonores de ce type se succèdent. Ils apportent un cadre au contenu de l'album, que l'on a du mettre en relation avec les titres.
En effet, de « Rectal love » à « Hacken Creutzfeld Jacob », en passant par « Genital vapor », l'originalité gore des titres prend le dessus sur les lyrics inexistants. Mais bien entendu, c'est le style de la maison qui l'impose.
Mis à part ces aspects, le chant est porcin, Piotr maîtrisant parfaitement l'art académique du rot, et ceci sans effets vocaux. Le fond est rythmé par une batterie aux airs martiaux, rapide et simpliste : c'est là qu'on devine le subterfuge. Le batteur Michal est en effet l'ex-guitariste de Reinfection et d'Epitome. La guitare est lourde à souhait et plaira au bourrin qui sommeille en vous.
En conclusion, un album à écouter et réécouter finement. Fort crasseux, mais pas très efficace, c'est un album très « brouillon ». Un bon point néanmoins : le lien fort qui unit Patologicum à l'univers du cinéma. Je verrais bien Patologicum en bande son de court métrage gore et angoissant, avec des membres qui giclent partout. Par exemple.
On vous aura parlé de Patologicum. Maintenant, cela va de soi, c'est à vous d'en juger...

Myrha - 4/10