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Slavia : Strength and Vision

SLAVIA - Strength and Vision

Drakkar Productions, 2007

Black Metal, Norvege

Album CD

Sacrée surprise ce skeud. Une seule écoute, il m'aura fallu une seule écoute pour me rendre compte que j'étais tombé sur quelque chose de grand, de très grand avec ce « Strength and Vision ». Faut dire que Slavia n'est pas n'importe quel groupe non plus. Norvégien déjà, originaire de Bergen (la ville par excellence pour tous les fans de BM, avec, entre autres, ce bar mythique qu'est le Garage, où on peut y fréquenter ce qui se fait de mieux en black), le groupe ne joue pas dans la cour des novices, même si paradoxalement, Strength And Vision est le premier full-length de Slavia! Avec plus de 8 démos et 2 EP, on peut dire que maître Jonas Raskolnikov Christiansen (seul maître à bord) a, certes, pris son temps mais le résultat est là!
Beaucoup de choses à dire. L'album débute tout d'abord avec la Symphonie n° 9 du nouveau monde de Dvorak . Musique grandiloquente, si le titre ne vous dit rien, sachez tout de même que vous connaissez cette musique et ce même si vous n'êtes pas fan de Rhapsody! On retrouvera par la suite un autre morceau de musique classique, et non des moindres, sur « Divided by Three »: l'éternelle, la sombre, l'unique et transcendante Marche Funèbre de Chopin. Après ne nous méprenons pas, le black metal de Slavia n'est pas une de ces niaiseries symphoniques fait sur Audacity. Non, Slavia c'est un savant mélange de black norvégien traditionnel et de thrash. On notera quelques passages clairement mélancolique, comme au milieu du premier titre, « Pissdrained castles of gold ». Le son quant à lui, et cette production si particulière, sortent indéniablement du lot. C'est crade, mais audible. C'est ce que devrait être la quasi-totalité des albums de black. Pas forcément enregistré dans une cave avec un portable, on voit que celui-ci est, là encore, de manière quasi paradoxale, travaillé. Les premières secondes m'ont fait très (très) fortement pensé à l'album \"Liberation\" de 1349 (et tout particulièrement l'excellent morceau « Riders Of The Apocalypse »). Les grattes sont saturées au maximum, donnant ce rendu si inhabituel. Difficile de ne pas rester attentif tout au long de cet album, il y a toujours des éléments qui viennent « surprendre » l'auditeur (la fin de « Pissdrained castles of gold » avec ses champs militaires allemands ou encore la fin de « Divided by Three » avec ce passage « oriental »). On ressent tout le long cette volonté de, d'un côté, préserver la flamme noire originelle mais également, d'un autre côté, d'apporter quelque chose de neuf! C'est véritablement avec ce style de groupe, qu'un genre musical, dans ce cas le BM, ne tourne pas en rond. La dernière piste, se résumant à une guitare acoustique et un clavier, en surprendra plus d'un, elle aurait très bien pu être composé par les tarés de Shining pour leur V Halmstad .
Un groupe singulier, atypique, qui va incontestablement faire parler de lui avec cet album. Du très grand cru. Précisons, pour terminer cette chonique, que ce one man band donne néanmoins des concerts, avec entre autre, comme musiciens live, des membres de l'excellent groupe Taake. Voila là une des meilleurs signatures de Drakkar Productions en cette année 2007. Support!

Caedes - 9/10