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Sonic Reign : Monument In Black

SONIC REIGN - Monument In Black

Apostasy Records, 2013

Black Metal, Allemagne

CD

Ni son nom ni celui de son second méfait, tellement bateau qu'il en devient presque parodique, ne doivent pas vous faire passer à coté de Sonic Reign, revenant franchement oublié que l'on croyait s'être désintégré après Raw Dark Pure , vomi il y a plus de six années déjà ! De fait, si ce n'est pas à proprement un nouveau groupe - ses deux uniques membres, Sebastian Schneider et Benjamin Borucki, sont toujours à la barre -, il s'agit clairement d'un nouveau départ pour ces Teutons bien décidés à gommer une première partie de carrière ratée dans les grandes largueurs entre démos et EP éjaculés au compte-goutte.

Quoique parler de nouveau groupe à leur endroit n'est peut-être pas tout à fait inexact tant les différences entre Monument In Black et son prédécesseur se révèlent nombreuses. A commencer par cette armure sonore rugueuse et tranchante qui porte l'incontestable griffe de Markus Stock (EMPYRIUM), laquelle confère à ce Black Metal une sève crépusculaire sans laquelle il peinerait à masquer sa faible originalité. Le producteur a su enrober l'opuscule de cette croûte froide et grésillante qui augmente sa valeur ajoutée. Et sans aller jusqu'à dire que le duo doit tout à Schwadorf, force est de reconnaître que celui-ci a su transcender des compositions à la base certes déjà solides bien que dôtées d'un canevas et d'atmosphères mortifères éprouvés qui ne sont pas sans évoquer les derniers efforts de SECRETS OF THE MOON ou de TRYPTIKON.

Ici, les mid-tempo dominent, implacables, reptiliens. Le charnier éponyme est à ce titre un modèle du genre, lourd, sinistre et malsain. Les Allemands dressent une verge robuste, gonflée d'une semence noire (\"Abhorrence Vs Scum\"). Même lorsqu'ils accélèrent la cadence, ils ne peuvent s'empêcher de serrer le frein à main, à l'image de \"Daily Nightmare Injected\", brutal et rapide qu'écartèle un break ultra rampant ou bien du terminal \"Soul Flagellation\" dont le début supersonique cède vite la place à une décelleration lugubre.

Au final, Sonic Reign a perdu en personnalité ce qu'il a gagné en force souterraine et en sens des ambiances cryptiques. Monument In Black est un pur rejeton d'un art noir typiquement germanique, glacial et morbide, mille fois entendu et en mieux auparavant mais tellement bon ! Une question demeure : Sonic Reign va-t-il enfin s'imposer ou continuer à peupler ce bataillon de hordes de seconde zone incapables d'une quelconque régularité ? Gageons que ce tardif deuxième album, sans être une pierre angulaire du genre devrait l'aider à décoller enfin et comme il le mérite...

Childeric Thor - 7.5/10