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Strange Day : Music to sleep forever

STRANGE DAY - Music to sleep forever

Urgence disk, 2006

Ambiant electro expérimental, Suisse

Album CD

Strange Day est exactement le genre de productions qui me fait rapprocher URGENCE DISK du label grec CAPP avec son côté décalé tant esthétiquement que musicalement, par exemple avec cette étrange idée que les titres ne soient pas dans l'ordre logique (chaque titre se nomme Strange Day suivi d'un numéro qui suit non pas l'ordre chronologique du cd mais celui de la composition), bref au lieu de nous éclairer on nous embrouille, ou encore par ce mélange de sonorités improbables, le groupe se définissant lui-même comme pratiquant du \"jazz indus\", ainsi que par le fait qu'on retrouve souvent les mêmes personnes impliquées ou liées dans pas mal de productions, ici il s'agit de DDDMix, chanteur de BAK XIII et FADE (mais ici il n'y a pas de chant) et Jack the Ripper, connu par ses activités au sein de l'association Interstice et dont la formation musicale de base est le jazz (ce qui résout l'énigme initiale de ce projet donc...) dont on a un aperçu dans l'intro qui se finit d'ailleurs dans un bruit chaotique; le choc de rencontre de ces deux univers ou la découverte initiale de l'indus dans ce qu'il a de plus extrême?

Concrètement que faut-il attendre de ce jazz indus? Je dirais plutôt qu'il s'agit de musique électronique étrange (donc le patronyme est bien choisi) décalée, un peu adaptée pour un film expérimental. Il y a un coté délirant mais étonnement l'ambiance reste assez sombre (enfin surtout dans la première partie), un peu spatiale, planante, sorte de musique ambiante électronique expérimentale. Mais je dirais que c'est avant tout une musique d'ambiance; bon concrètement je la verrais bien passer en début de soirée electro-dark à l'Usine (le repère du label Urgence Disk et des protagonistes de ce projet) lorsqu'on attend que les concerts commencent dans la pénombre alors que la salle se remplit au fur et à mesure, qu'on passe d'une ambiance calme, vide, à une salle qui commence à s'animer... Et quand au côté expérimental, on sent que les deux protagonistes essayent un petit peu tout dans leur large palette musicale au cours de ces 70mn, la forme est ambiante mais l'habillage est expérimental, pourtant ci et là on retrouve des sonorités typiques qui pourraient faire dark ambiant, en début de morceaux surtout car dès qu'on avance dans les morceaux on sort de ce cadre; quelques beat, parfois plus durs, parfois une nappe sombre atmo mais mélangée à des éléments inhabituels, un beat groove par exemple, des parties plus rythmiques par la suite, ou des sonorités plus jazzy vers le milieu, des notes de piano, et du saxophone sur plusieurs pistes du milieu qui pour ma part passe toujours aussi mal. Malgré que l'ordre du cd ne suive par l'ordre chronologique des compositions, on peut distinguer différents moments dans l'album, et les morceaux s'enchaînent très bien, voir se fondent par des transitions et petit à petit on s'éloigne quand même du dark ambiant du début et petit à petit les expérimentations augmentent et petit à petit j'ai décroché. On a cependant l'impression d'un long morceau qui a évolué pour nous conduire brutalement à la fin vers un morceau basique de rock indépendant avec le chant de DDDmix renforcé par les guitares de Drop de MXD.

\"Music to sleep forever\" ou plutôt \"jusqu'à la plage 14\" est un album qui se révèle intéressant, et même si j'ai décroché progressivement, je trouve cet album plutôt riche, on sent qu'il y a là une profusion d'idées et que ça part d'une démarche créative, qui passe assez bien sur la première partie du cd avant l'arrivée en plage 9 du saxophone. Un album intéressant qui passe un peu en relief des éléments variés, parfois en les piochant là ou on ne s'y attendrait pas, qui sont en soit pas forcément originaux, mais qui sont agencés de manière originale et créative même si le résultat est étrange parfois, volontairement...

Adnauseam - 5,5/10