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Streben : ... of Melancholic Elegies and Wanderlust

STREBEN - ... of Melancholic Elegies and Wanderlust

Autoproduction, 2008

Black metal, Italie

Mini-CD

Streben est l'œuvre de l'esprit vagabond de Hagalaz, une italienne très attachée au Romantisme. Le nom du groupe marque d'ailleurs l'attachement à ce mouvement artistique. Dans le Romantisme allemand, le Streben est une notion, renvoyant à l'anxiété, voire l'angoisse, à laquelle l'Homme est livré quand il souhaite s'éloigner de la vulgaire réalité de la vie, en se plongeant dans un monde d'imaginaire et d'idéalisation.

Cette mélancolie et ces errances de la conscience, c'est précisément ce que l'on ressent en écoutant la musique du groupe. Un black metal presque schizophrène, tantôt puissant, tantôt suave et égaré.
... of Melancholic Elegies and Wanderlust est la première démo de Streben, et pourtant, a d'ores et déjà suffit à attribuer au groupe une reconnaissance honorable. Un succès sans doute dû à l'originalité du groupe, mené par le chant hurlé de Hagalaz (une femme \"leader\" dans le paysage black, comprenez-moi, n'a pas froid aux yeux). L'enregistrement, auto-produit, s'étend sur une vingtaine de minutes, et comporte quatre titres, chaque morceau possédant sa propre personnalité. Sur cette démo, Hagalaz n'est pas seule. Pour l'occasion, elle a décidé de collaborer avec Valker, guitariste de la formation italienne Cold Empire (d'où provient aussi le batteur session de Streben). Quant à l'artwork, il est également le fait de Hagalaz.

L'introduction à la flûte laisse trompeusement présager une musique faite de balades et d'ambiances idylliques. Or, il n'en est rien. Streben compose un black metal expressif et cru. Les passages entre de douces mélodies et folles envolées offrent un contraste très agréable. Seulement, après une avalanche de riffs durs et d'impulsions percutantes, quelques notes de guitare sèche ou de clavier viennent panser les plaies de nos écoutilles.
L'influence de Taake et Windir transparaît assez vivement, notamment au travers d'un chant hurlé lointain, un râle plaintif, véritable hymne de sabbat. Sans mettre toutes les poules dans le même sac, Streben est une musique très italienne, baroque et feutrée, avec un arrière-goût de noirceur tempérée. En écoutant Streben, on est quand même à mille lieues d'Opéra IX, mais il y a cette même grisaille, ce son dédoublé, et une sorte de tendance à vouloir désaccorder les violons.

Si elle en possède la volonté, Streben est une entité qui saura faire parler d'elle. Nous gardons ce nom bien au frais. Et guettons la suite...

Myrha - 7/10