La Horde Noire Webzine metal extrême depuis 2002

Triptykon : Eparistera Daimones

TRIPTYKON - Eparistera Daimones

Prowling Death Records, 2010

Dark Doom/Death/Gothic Metal, Suisse

CD

Voilà un disque que j'attendais depuis un certain temps ! Mais par où donc commencer ? Par le second split de CELTIC FROST en 2008, qui a fait gémir bien des metalheads après un époustouflant – et subjuguant, et noirâtre, et personnel, et souffreteux – Monotheist en 2006 (leur meilleure release, un joyau pur, incontestablement) ? Ou bien en disant que Tom Gabriel Fisher a définitivement une âme macabre, comme il le démontre depuis 30 ans déjà et que ce nouveau disque, Eparistera Daimones , signé sous le nom de TRIPTYCON , ne fait que confirmer cela ? Ou bien en disant comme Eparistera Daimones est tout à la fois dans la continuité de Monotheist , tout en allant puiser dans les ressources nécrotiques et archaïques d' HELLHAMMER , première formation du Suisse ? Car si les basses et les guitares accordées bien bas également, alourdissent et noircissent indubitablement l'opus, le style est néanmoins un peu moins personnel, et plus Old School Metal – à la croisée du Death, du Thrash, du Doom voire du Gothic, l'artiste ayant visiblement un talent dingue pour savoir mélanger le tout avec brio.

Ayant gardé avec lui le guitariste V. Santura (présent sur Monotheist ), Tom G. « Warrior » s'est entouré d'un nouveau batteur et d'une bassiste sachant fort bien jouer de ses doigts... L'exécution est donc excellente, et la production est faite maison et surpuissante (attention aux oreilles) – mais qu'est-ce que les basses résonnent ! Un vrai mur ! Le tout est produit par Tom, sur son label Prowling Death Records... Quant au style... C'est du tout craché Tom G. Fisher, que dire d'autre à cela ? Pour les ignares : c'est nécro, caverneux, encore une fois personnel, et gothique dans le bon sens du terme, possédé même, mais comme je l'ai dis plus haut, Eparistera Daimones est toutefois plus Metal que Monotheist ... Il nous replonge avec une production à mille lieues d'une prod démo ou d'un Transilvanian Hunger , dans les tréfonds d'un metal extrême que Monsieur Tom Gabriel Fisher a lui-même défini en bonne partie – dans HELLHAMMER .

En tous cas, vous ne serez pas déçu, étant donné les longues perles qui jalonnent Eparistera Daimones : neuf pistes pour soixante-douze minutes, merde ! On commence d'ailleurs très fort avec Goetia et Abyss Within My Soul , et l'album se termine par une dernière flamme, épaisse de près de vingt minutes... Des titres plus spectraux et envoutants ponctuent le full-length : In Shrouds Decayed – où l'on découvre une nouvelle fois une voix féminine, et l'interlude Shrine . A Thousand Lies met par contre lui la pâté et tape dans le bourrin comme je n'avais jamais entendu « le groupe » le faire eheh. Descendant appuie un peu sur le côté Death-Doom du groupe, et Myopic Empire et My Pain , avec son piano et sa voix féminine, sur le côté gothique. Enfin, l'Oeuvre se conclue sur le pachydermique, étouffant et processionnaire The Prolonging ... Monumental... Quelle claque à chaque écoute ! Cette galette ne laissera pas l'auditeur indifférent, pour sûr.

Pourtant, Eparistera Daimones , malgré tous ses atouts, n'atteint pas la fébrilité, ni le tragique de Monotheist – je crois que les deux titres « gothiques » sont assez dispensables, mais peut-être n'ai-je passez bu de whisky. Toutefois, ce long format de Triptykon résonne d'une autre manière plus apocalyptique, plus déliquescente que Monotheist ... Eparistera Daimones reste de toute façon sataniquement envoutant ! Un nouveau monstrueux chef-d'oeuvre, digne successeur de Monotheist . Only Death is Real... Vive Triptykon - Vivement la suite.

Guudrath - 9/10