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Vorpal Nomad : Hyperborea

VORPAL NOMAD - Hyperborea

Metalodic Records, 2012

Heavy à l'ancienne, Colombie

CD

Une grande marque de guitares américaine (Fender pour ne pas la nommer) propose à son catalogue des instruments volontairement abîmés, usés en usine pour qu'ils portent, même neufs, les stigmates du temps. A bien des égards, la démarche de certains groupes de Heavy Metal s'apparente à cette pratique et leurs albums auraient pu sortir pendant les 80's, période dorée du genre. Les Vorpal Nomad qui nous occupent aujourd'hui participent largement de ce mouvement perpétuant la tradition contre vents et marées.

Fans de VASTATOR, BUTCHER, GANG ou WITCHCURSE vous pouvez y aller sans vous poser de question, vous ne risquez pas de vous tromper. Pour les autres, approfondissons un peu le propos.

Vorpal Nomad fait dans l'efficace : les riffs s'incrustent dans ton cerveau avant même que tu t'en sois rendu compte, les refrains sont taillés pour gueuler en choeur pendant les concerts, la batterie cogne (même si c'est sur des rythmes relativement modestes par rapport à ce qui se fait aujourd'hui) et la basse... s'entend parfois. Alors certes les neuf titres de l'album s'écoutent avec plaisir mais je n'ai pu me départir de l'impression d'assister à un combat d'arrière-garde (d'aucuns pourraient se réjouir qu'une telle musique existe encore, certes).

Le groupe lui-même est assez atypique puisque formé en 2010 en Colombie (Ah la Colombie, ses FARCs, sa cocaine, son Heavy Metal...), il sort son premier EP en moins d'un an et cet Hyperborea (qui est son premier album complet) deux ans plus tard. Une belle productivité donc, qui a en plus le mérite de ne pas entamer la qualité de composition du groupe (lequel emprunte des chemins battus et rebattus et a donc peu de chances de se perdre en route). Visiblement les musiciens qui composent Vorpal Nomad n'en sont pas à leur coup d'essai, ayant déjà tous pratiqué leur art dans d'autres formations précédemment. Au niveau des textes, ils sont axés sur l'imaginaire : cités perdues, magie, voyages temporels...

Ainsi donc, cher lecteur, si l'envie de te prend de voyager à la fois dans le temps (les 80') et l'espace (Bogota) procure toi cet Hyperborea sans crainte. En revanche si tout ce qui rappelle la NWOBHM te fait gerber, passe ton chemin (et pourquoi as-tu lu cette chronique jusqu'au bout d'ailleurs ?).

Sargon - 8,5/10