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Warcoe : Upon Tall Thrones

Ripple Music, 2025

Doom Metal, Italie

Album CD

Ozzy est mort mais son esprit et celui du Black Sabbath originel sont toujours bien vivants. On ne compte ainsi plus tous les groupes qui se réclament de leur héritage. Parmi eux, il y a Warcoe, biberonné au proto doom, chant de canard enrhumé ozzyesque, riffs goudronneux et basse crachée des profondeurs de la terre. Les Italiens jouissent d’une réputation flatteuse quoique un peu exagérée. "The Giant’s Dream", leur premier long en 2022, a été chaleureusement accueilli, ce qui était mérité mais son successeur, "A Place For Demons", a souffert d’être trop monotone, prisonnier d’une formule certes efficace et sympathique que le trio ne semblait toutefois pas chercher à renouveler. Ce qui n’a pas empêché le respecté Ripple Music, qui a fait de la musique de bûcheron son fonds de commerce, de le prendre dans son écurie velue.

Qu’en est-il de leur troisième enclume ? Si son menu trapu – moins de quarante minutes au jus – témoigne d’emblée que Warcoe n’a pas décidé de rompre avec cette simplicité et cette façon d’aller à l’essentiel qui le caractérisent depuis ses débuts, ce dont on ne se plaindra pas d’ailleurs, il ne faut pas plus d’un titre, le premier, à "Upon Tall Thrones", pour emporter l’adhésion, renouant ainsi avec la réussite de "The Giant’s Dream". Amorce plombée et batailleuse, 'Octagon' résume à elle seul la marque de fabrique des Italiens, saillie râblée aux reliefs obsédants que drape d’un voile enfumé la voix du guitariste Stefano, typique et taillée pour ce doom à l’ancienne, monolithique et néanmoins remuant.

Malgré la présence de deux pistes instrumentales qui, nonobstant leur intérêt (plus 'Flame In Your Hand' que l’anecdotique 'Gather In The Woods', du reste), semblent de trop pour un album aussi court,  l’ensemble dégaze plus de charme que "A Place For Demons". Ce qu’il doit autant à une écriture plus mordante et jouissive (‘Spheres’) qu’à un louable effort pour diversifier quelque peu une formule déjà bien (trop) rodée. De sorte qu’aux côtés des telluriques et rampants, ‘The Wanderer’ ou ‘Deepest Grave’, au demeurant non sans beauté sinistre en dépit d’un électroencéphalogramme peu vigoureux, se glissent des titres un peu plus surprenants qui font tout le sel du disque. Plus vivants surtout. Citons ‘I’ve Sat Upon Tall Thrones’, ‘Brown Witch’ qu’introduisent de rugueuses lignes de basse et plus encore ‘Dark Into Light’ dont le groove fiévreux presque funky le hisse au sommet de l’écoute.

Warcoe réussit l’étape du troisième album sans toutefois masquer tout à fait les limites évidentes d’un doom agréable qu’on souhaiterait néanmoins plus puissant et nuancé. 

Childeric Thor - 7/10