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Le 6 juin 2006 a libéré les fantasmes du 666

satan

Delirium

L'Antéchrist a manqué le rendez-vous il y a cent ans, viendrait-il ce 6 juin 2006? Mais le 6-6-6, ou 666, le "nombre de la Bête", le Diable, continue d'alimenter les fantasmes, et ni Internet, ni le cinéma, ni la vie politique et encore moins la ville de Hell (Enfer) ne pouvaient laisser passer l'occasion.

"Beaucoup de gens évitent ce nombre. Ils sont presque effrayés bien qu'il n'y ait aucune raison de l'être. Ce n'est pas la prédiction d'événements à venir. Ce n'est pas supposé être pris comme un calendrier de la fin du monde!", explique le père Felix Just, professeur de théologie à l'Université de San Francisco.

Ce jésuite qui a enseigné tant la théorie de l'Apocalypse que les mathématiques développe sur son propre site Web intitulé "666 Nombres de la Bête" les aspects historiques, théologiques, mathématiques, voire humoristiques du phénomène, avec 66 histoires drôles sur le 666.

Tout vient de l'Apocalypse (la Révélation) de l'apôtre Jean, dernier livre du Nouveau Testament dans la Bible. Au chapitre 13, verset 18, est écrit: "C'est le moment d'avoir du discernement: celui qui a de l'intelligence, qu'il interprète le chiffre de la bête, car c'est un chiffre d'homme: et son chiffre est 666." (traduction oecuménique de la bible). La Bête peut aussi être l'Antéchrist.

Mais pour de nombreux érudits comme le révérend Just, qui se fondent sur la correspondance entre nombres et lettres, la Bête en question serait l'empereur romain Néron, et 666 devient d'ailleurs 616 dans certains manuscrits. L'Apocalypse symbolise donc "le combat général du bien contre le mal". La superstition entourant le 666 "attire particulièrement les gens les plus défavorisés" dans la société, note Felix Just.

On cherche -et on trouve- 666 partout: dans les noms des papes comme des présidents des Etats-Unis, tels que Franklin Delano Roosevelt, John F. Kennedy, Ronald Reagan ou Bill Clinton. Les Reagan, lorsqu'ils ont quitté la Maison Blanche pour Los Angeles en 1989, ont d'ailleurs fait changer leur adresse, 666, Street Cloud Road, pour le numéro 668. Les passionnés soulignent que l'on retrouve 666 dans les codes-barres, que c'est aussi le nombre de WWW, le World Wide Web, la somme des nombres de la roulette, la combinaison de chiffres du nombre Pi ou de nombres premiers...

Rien d'étonnant alors à la sortie mardi sur les grands écrans de "666 La Malédiction" (The Omen), remake du film d'horreur des années 1970, ou à ce que certains parient sur la fin du monde pour mardi... à 100.000 contre un. En cas d'Apocalypse, les "chanceux" risquent toutefois de rencontrer des difficultés pour collecter leurs 10 millions de dollars (7,8 millions d'euros). Et en attendant la fin des temps, la ville de Hell, dans le Michigan, organise une grande fête mardi, et distribuera à tous les joyeux participants un certificat garantissant qu'ils ont bien passé le 6 juin 2006 en Enfer.

Quant à la primaire de mardi entre Steve Westly et Phil Angelides, pour l'investiture démocrate dans la course au siège de gouverneur de Californie, elle annonce assurément "la déroute totale" des démocrates dans l'élection de novembre contre Arnold Schwarzenegger, candidat à sa propre succession, s'amuse le conseiller républicain Dan Schnur.

Bref, force est d'avouer que le 666 relève surtout du fourre-tout. "C'est de la superstition, tout ce qu'il y a de satanique là-dedans, c'est l'exploitation de coïncidences de chiffres à des fins commerciales!", estime Richard Berendzen, astronome à l'Université américaine.

AP