La Horde Noire Webzine metal extrême depuis 2002

Paraitre "ouvert" ou rester intègre : telle est la question !

Musique

Anti Peace Certaines attaques verbales contre le métal extrême, venant de gens officiant d'ailleurs souvent dans d'autres styles de métal (le heavy, pour ne pas le citer...), se drapant dans de belles valeurs, telles l'ouverture et la tolérance, la morale ou le pacifisme... nous expliquent souvent à nous, métalleux abrutis (puisque nous aimons headbanguer sur du thrash, du black ou du death métal), que nos styles préférés sont stéréotypés, peu ouverts, voire peu techniques. Somme toute pas " cools " ...Que tout ce sang sur les pochettes c'est pas sympa, que les crucifix retournés c'est pas bien du tout, que les poings à clous ça fait violent, qu'être " evil " c'est dorénavant cliché, que l'underground c'est pourri, qu'il faut savoir écouter de tout, aimez tout (et n'importe quoi ?), surtout du nu, du néo-punk, du progr' ou du heavy car moins violent, moins méchant... Démonter un tel point de vue est très facile, et voici les " défauts " du métal extrême retournés en autant de qualité :

1) Défendons d'abord notre liberté de création! Tous ces gens faisant mine d'être choqué par l'imagerie extrême ne sont finalement jamais donné la peine de pénétrer l'esprit rock'n'roll, l'esprit de rébellion, et même la réelle démarche artistique et/ou philosophique de ces groupes : pourquoi des sujets tels que l'amour, la lutte des Afro opprimés, ou la monde enchanteresque des Trolls, Elfes et autres guerriers virils luttant contre on ne sait quel force maléfique, pourquoi tous ces sujets seraient plus cools, moins violents, plus intello donc plus " autorisés ", moins réprimables que le gore ou le satanisme ? Qui donc peut s'arroger le droit de donner les bons et mauvais points? Chacun doit se sentir libre de faire son truc, dans son coin, sans avoir à subir l'approbation des censeurs de son entourage: la scène extrême est vivace, créative et se divise elle-même en de nombreux courants (grind, brutal, old school, true...) ; si je veux traiter de torture, de rites sacrificiels sataniques, pourquoi me priver ? Ceux qui n'aiment pas, ou qui sont choqués n'ont qu'à faire mieux ou aller voir ailleurs. La création artistique est libre en France, et protégée par des lois. Les pochettes censurées sont souvent exécutées par des artistes renomés du milieu UG (JP Fournier, Necrolord...). De plus, il faut savoir faire la part des choses : beaucoup d'éléments " choquants " relèvent souvent du folklore, du délire, de la provoc' exacerbée (le rock n'est-il pas que provocation et liberté, à la base ?) ; et même, si certains musiciens font réellement une démarche philosophique en accord avec leur musique, de quelle droit les en blâmer ? La musique doit permettre a tout individu de s'exprimer; c'est d'ailleurs la raison d'être de la musique! Elle a même cette fonction de catharsis souvent évoquée. Que les censeurs réfléchissent bien à leur propres préjugés, et réfléchissent au motivations de leur langue de pute : défense de valeurs morales ou religieuses doctrinaires ? Les bien-pensants sont finalement les suppôts de la pensée unique ! Les adeptes de black sont de toute façon incapables de se défendre...

2) Et oui! A entendre ces mêmes détracteurs, il n'y aurait que des crétins dans l'extrême.. Pas si sur...Selon quel déterminisme la musique extrême ne serait écoutée que par des abrutis et le reste par des gens fins et cultivés ? C'est vraiment faire preuve de l'esprit de système, pourtant récusé par nos acusateurs. Nous trouvons pourtant des cons partout, comme dirait l'autre. Quelques ados en crise mûriront, on a tous été jeunes... (pas vous ?) Etrange, je ne fréquente que des gens qui ont toute leur tête, des diplômes, une vie sociale et qui sont même très créatifs, pourtant ils écoutent surtout du métal extrême. Je connais des musiciens hors-pair qui préfèrent jouer du métal extrême, tout simplement parce qu'ils le ressentent profondément. Certains groupes extrêmes sont justement taxés " techniques ", et leur professionnalisme d'autres n'est plus à démontrer. Mais les clichés sont vivaces !

3) De plus, l'ouverture musicale n'est pas l'apanage de ceux qui la revendiquent: Les gens qui écoutent du métal extrême connaissent et écoutent souvent leur racines, leurs " classiques ", alors que les dénigreurs heavy-metalleux et autres glameurs égarés sont restés bloqués dans leur rayon sans en connaître les multiples évolutions: combien de black metalleux ne se seraient jamais extasiés à l'écoute de Iron Maiden ? (Perso, je possède TOUS leurs albums !) ; quel death metalleux ne connaîtrait pas AC/DC? Quel thrasher ignorerait Judas Priest et son " Painkiller "? A part certains trendies qui sont passés de Korn à Marduk, je ne vois pas comment ce serait possible... Lisez des zines de métal extrême, tous les groupes y figurant ont une culture métallique élargie ! Sans compter tous ceux qui avouent s'inspirer du classique, du rock, du jazz, etc. Les monstres sacrés du rock et du heavy ont fait évoluer leur style, et chacun à le droit de prendre ce qu'il veut dedans pour faire avancer les limites de la brutalité. Etre " ouvert ", est selon moi un slogan creux qui dénote en fait un manque de personnalité, de style et qui prouve que son défenseur cherche encore son créneau, voire sa personnalité et n'est finalement que le jouet des modes traversant le métal.

4) Musicalement, on peut également chercher des casseroles dans la musique pratiquée par ces mêmes moralistes, arguant du fait que le heavy/speed commence à tourner en rond, avec toutes ces productions kitsch, clinquantes et tape-à-l'œil, sans âme et sans conviction. Manipuler son manche est très grisant, j'en conviens. Mais branler un manche ne fait pas tout. A tout cela, moi je préfère le feeling, la pureté et la sincérité du riff, qu'il soit heavy ou black ! Tant qu'il est inspiré, vivant ! Si nos critiqueurs veulent du grain à moudre et voir des merdes réellement stéréotypées sans cervelle, ils n'ont qu'à allumer leur TV et leur radio, ils auront amplement de la matière à critiquer, entre jeux débiles et TV réalité exhibitionniste.

5) Faire du métal extrême est aussi une belle preuve de désintéressement et de passion : Au moins, on a la certitude que la scène extrême vit pour la passion et pas pour le fric. Que les musiciens jouent avec leurs tripes, avec les moyens du bord, tant le marché est restreint ! Au moins, la liberté d'action est totale ! Les relations entre musiciens sont basées sur la confiance et l'amitié, pas sur un contrat mirobolant, comme certains " gros " groupes de heavy metal!!! Les rocks-stars s'en mettent plein les fouilles et elles, savent dompter les labels trop gourmands... Eh oui, pour les metalleux extrêmes, la vrai passion se vit sans compter...

6) Faut-il aussi supprimer ces méchantes étiquettes, qui seraient autant de barrières qu'on colle aux groupes? de nombreuses productions veulent se démarquer du sillon des Anciens en crachant sur ce qui c'est fait avant et se la jouant " plus personnel ", "expressionniste" ou encore " avant-gardiste ".... Foutaise ! De toute façon, le public lambda, tout comme l'industrie de la musique, ne vivent qu'à travers des stéréotypes qu'ils fabriquent eux-mêmes et aiment les étiquettes : mélanger tous les styles pour paraître cool et ouvert a toujours dérouté les auditeurs, et ces groupes qui ont le cul entre deux chaises posent toujours des problèmes aux structures chargées de les promouvoir. Seule une frange du public est attirée par ce genre de productions. Si des codes visuels et vestimentaires sont nés dans la pratique, c'est bien parce qu'ils sont nécessaires pour s'y retrouver dans un créneau musical qui croule sous les productions depuis quelques années.

Finalement, à part quelques coup de griffes défensifs, il me semble que ce coup de gueule soit autrement plus tolérant que tous les dénigreurs professionnels, les petits juges improvisés et merdiques hantant la scène extrême métallique de leur couperet minable. Fait ce que bon te semble, tant que tu es intègre et que tu ne me fais pas chier !

Autocrator, oct 03