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Qu'est-ce que le néo-métal ?

Anti-néo

Musique

Après que mon cher ami Maldoror aie magnifiquement décrit le R'n'B, j'ai décidé de flétrir à mon tour ce style improbable qu'est le néo, dit encore le new, voire nu-métal, selon les capacités d'élocution plus ou moins limitées de celui qui confesse le pratiquer.
Le néo-niou-gnû métal donc? Peu de place me sera nécessaire pour décrire la musique en elle-même : en effet, passées les quelques notes jouées sur une corde de basse en intro, les 2 ou 3 accords barrés enchaînés en boucle par un gratteux manchot, puis quelques coups de baguette à contre-temps et sons rappés qui sortiront de la bouche d'un " chanteur " avant que celui-ci ne se réveille et crie aussi rageusement que si l'on lui envoyait sa facture de greffe cérébrale plus tard, il ne reste pas grand chose. Je devine déjà ce que vous pensez en lisant ces quelques remarques?Médisant, moi ? Impossible ! Car, vous me connaissez, j'aime aller au fond des choses : j'ai écouté (Et j'avoue que j'ai vraiment du m'accrocher et que je ne suis pas allé au bout?) le génial géniteur de cette soupe, le sublime et millionnaire Korn, et j'ai compris que toutes les solides règles présidant à l'élaboration d'un titre de gnû-métal étaient parfaitement respectées par ses wagons de clones pré-pubères. Un hommage zélé pas si idiot, puisqu'il permet à l'auditeur aiguillé par erreur sur un tel CD de lui faire gagner du temps: il écoutera un morceau de gnû-métal et comme par enchantement, aura ingurgité en réalité un modèle de la totalité de la discographie néo-metalesque !

Mais trêve de cynisme, vous aviez compris que le gnû n'était pas trop mon truc ; parlons maintenant du look, du style de vie propre au gnû-métal. Et c'est la que les choses se gâtent, que ce texte commence à être vraiment méchant car trop criant de vérité : prenez un jeune de 16 ans maximum, qui n'a jamais écouté les grands et véritables précurseurs du rock et du métal des années '70, '80 ou au moins '90. Attifez-le d'un froc trop large, qui tombera élégamment sur des baskets mal lacées (ou pas lacées du tout?) dont la languette sort tel un doigt pointé proposant un " fuck off " au passant médusé. Nous découvrirons donc avec effroi (Ou bonheur, pour un hypothétique adepte de gnû-métal) la couleur du caleçon à poix du jeune incriminé. Mais là n'est pas le pire, bien que cela y ressemble étrangement: une superbe coupe de cheveux, du style " je ne vais chez le coiffeur que pour voir de loin ce que ça pourrait donner sur moi", parfois rehaussée d'une triomphante casquette (retournée ou non, le gnû-métalleux 'hésite encore sur ce point épineux!), un joint ridicule accroché d'un air convenu à la commissure des lèvres, les lunettes aussi colorées que surdimensionnées n'étant pas loin, avec, comble du bon goût, un collier à clous chromés enserrant sa gorge de poulet, voire un poignet également clouté, dégoté à la brocante du coin auprès d'un adepte de Judas Priest qui solderait là son patrimoine culturel le plus emblématique. Dans ce dernier cas, on se dit qu'il vaut bien vivre. Mais dans le cas du néo-metalleux qui le porte par dessus la manche de sa veste de jogging, on se dit qu'il y a quand même un truc qui cloche ! Surtout quand la main portant ce poignet va serrer toutes celles de ses amis rappeurs (qui eu ont au moins le mérite d'avoir choisi clairement le camp du look racaille), et quelques mètres plus loin, va chercher à serrer (mais avec plus de difficultés) aussi celles de métalleux qui en sont vraiment.

Car nous touchons au problème intrinsèque du gnû métalleux : rebelle a deux francs (ou 30 centimes d'euros si vous préférez?) ayant un pied dans le camp des racailles shit-casquette-basket, mais sous-metalleux avec ses quelques attributs cloutés portés sans conviction ni justification, l'adepte de ce style semble finalement n'en avoir aucun ; en tout cas, il déclenchera la méfiance de tous les autres, et surtout celles de papa-maman effrayés comme à l'accoutumée face à ce qu'ils ne comprennent pas. Le seul recours du néo-métalleux est alors battre le rappel autour de lui, pour créer lui aussi sa tribu proprement identifiée. Il " tchatera " sur caramerde.com pour rencontrer d'autres pseudos-rebelles boutonneux ayant les mêmes affinités. A cela, rien d'impossible, d'ailleurs, à croire que caramail n' a été créé que pour cela ! Mais comme papa-maman (effrayés, comme je l'ai déjà dit) ne donneront jamais la permission de minuit, ou mieux encore, la mode portant le marché américain du gnû-métal s'essouffle rapidement (Normal, vu le prix de ses daubes commerciales!), le fan de gnû doit se résoudre à composer, ruser afin d'essayer d'exister par d'autres moyens : les rave party, par exemple? C'est vrai la techno, c'est cool. D'ailleurs, ce sera probablement l'objet d'un prochain article : " qu'est ce que la techno ? "

Par Autocrator, mai 04