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Vous n'aimez pas le rap ? Vous n'êtes qu'un has been !

Musique

Il suffit de se brancher sur le talk de Ruquier le samedi soir pour constater le chemin parcouru par le rap.

Il n'y a, pour ainsi dire, plus une semaine sans invité ni référence à ce « grand » courant musical autoproclamé miroir-de-la-société-contemporaine. Comprenez : si vous n'aimez pas le rap, vous êtes largué, has been, réac pour ne pas dire pire... Ce qui est d'autant plus idiot qu'il existe même du rap nationaliste.

Le rappeur bling-bling est le reflet d'une société passée maîtresse dans l'art de la récup' sous couvert de bons sentiments. Bien sûr, tout n'est pas à jeter dans le rap et il y a des colères légitimes... même resservies à la sauce rapeuse. Mais cela suffit-il à l'ériger en moyen d'expression majeur des révoltes modernes ?

Le rap s'est défini en dénonciateur numéro un des dérives de la société mais il en emprunte la plupart des codes. Avidité de réussite commerciale, quête effrénée du bling-bling en guise d'accomplissement social, fausse rébellion et véritable vulgarité... L'air de rien, la pensée rap s'est profondément ancrée dans la société. Et bien plus en France qu'ailleurs en Europe ! Le phrasé rapiste est devenu le signe de ralliement d'une jeunesse en panne de repères. L'amalgame culturel est à ce prix. Alors que le politiquement correct traque tout dérapage verbal, le rap échappe souvent, comme par miracle, à la justice immanente. Peu importe s'il fait l'apologie du machisme, de la drogue, de la violence, de l'homophobie ou du vol... Tant pis si les filles sont considérées comme de simples objets de fantasmes ou des produits de consommation courante, au même titre qu'une belle bagnole (c'est toujours une question de châssis) ou un baggy (c'est toujours une question de fesses). Comme s'il y avait d'un côté une latitude liée à la « licence poétique » et, de l'autre, un lynchage programmé.

Ayant accédé au rang de dogme intouchable du modernisme, les icônes du rap ne tolèrent aucune contestation sous peine d'excommunication sociale. Nous sera-t-il pardonné de ne pas participer au culte ambiant ?

Patrick Weber (http://www.bvoltaire.fr)