FOSCOR

Foscor

Black metal, Espagne

Mai 2008

Foscor sera à l'affiche du festivalBlack Metal is Rising IV, organisé le 17 mai 2008 par les Acteurs de l'Ombre. L'occasion pour La Horde Noire de faire le point sur ce groupe ambitieux de « dark black metal » catalan qui a vu le jour il y a presque dix ans, et qui se forge un large chemin à travers une scène difficile.The Smile of the Sad Ones, sorti fin 2007, peut se targuer d'un son qui n'a rien à envier aux mastodontes du genre... Fiar, bassiste et chanteur du groupe, a répondu minutieusement, par voie de mail, à notre interrogatoire musclé.

Pour commencer, comment, en quelques mots, définiriez-vous l'ambiance deThe Smile of the Sad Ones?

Merci Myrha, cela nous fait plaisir de répondre à la Horde Noire.
The Smile of the Sad Onesest le résultat de tout notre passé musical, et le miroir de notre vécu récent. Un mélange d'un puissant désir de prendre de l'ampleur et de poursuivre la dure aventure de la vie, en s'enrichissant par la connaissance... et un discours sur les terres où nous aimons nous recueillir. Le black metal est notre langage, empli de liberté. C'est à ce titre que le black metal des années 90 nous est cher. Plus qu'un style d'inspiration, d'ailleurs impossible à nier, il s'agit d'un langage qui tente d'être aussi personnel que celui que ces prédécesseurs ont inscrit dans la pierre. Donc, pour décrire l'album, nous pourrions parler d'une densité continue, d'une dynamique mêlant les émotions que nous ressentons et que nous voulons exprimer. Le tout, enveloppé dans une onde de noirceur, qui symboliserait la manière avec laquelle nous percevons le monde. Et un fort sentiment de fierté, qui nous permet d'avancer. Notre but est de faire du black metal sombre.

Quelle place prend la culture catalane dans Foscor? Peut-on la résumer à quelques compositions comme « El Cor de la Boscuria » ou « I Torna de les Cendres », ou s'agit-il d'une relation plus profonde, subtile et diffuse ?

Au départ, nous avons choisi un nom catalan (« foscor » signifie « obscurité »), afin de mettre en relief un point de vue différent à la musique. Il est évident que le black metal est riche en éléments, et très influencé par les créateurs du genre... Mais avec Foscor, nous voulions retranscrire notre propre réalité, en incluant des références à notre culture maternelle. Notre culture est pleine d'éléments créatifs importants et pertinents, et d'un sentiment très fort de toujours regarder devant soi. Mis à part l'usage de notre langue, notre relation est plus profonde que cela n'y paraît au premier abord. C'est une relation à peu près similaire à celle développée dans les tragédies grecques, qui entremêlent angoisses et éléments énigmatiques, créant ainsi des instants uniques. Pourquoi utiliser des icônes et des références graphiques au modernisme catalan ? Ca n'est pas seulement une inspiration organique et archaïque, mais une vision personnelle du monde. Il n'y a pas d'autre motivation que de créer une singularité, et de sourire au monde.

Quel a été exactement le rôle de Falke dans l'élaboration et le mixage du dernier album ? Il a l'air d'être très compétent dans ce domaine, carThe Smile of the Sad Onesn'a rien à envier aux grosses productions...

Merci pour le compliment. Falke, mis à part son apport à la composition, est le technicien du groupe. Il a suivi des études d'ingénierie son et image. Par conséquent, il lui est facile de concrétiser nos idées et nos attentes en matière de son. A partir du moment où nous nous sommes lancé le défi de travailler nous-mêmes, nous avons peu à peu acheté du matériel d'enregistrement. Nous avons mis quatre ans à finir le premier album (avec beaucoup de calme...). Mais depuis, Falke a acquis beaucoup de savoir, et sa main experte nous permet de moins travailler la batterie, et de nous consacrer au son en lui-même, au mixage et à l'édition et à la direction du vidéoclip. Nous préférons mille fois travailler notre son avec les idées des membres du groupe et la transcription de Falke, plutôt que d'être stressés par les impératifs de temps et d'argent qu'impose le studio, ou alors dépendre d'un producteur. Nous pourrions beaucoup améliorer les ressources et leur application, mais nous nous sentons à l'aise avec cette méthode de travail, qui est plus soucieuse du résultat final, et nous apporte davantage de personnalité.

Falke joue aussi dans FAYRIERIE, un groupe de ‘dark folk medieval'. En quoi cela influe-t-il (ou non !) sur le son de Foscor ?

Je pense que l'on peut inverser le sens de la question : comment Foscor marque-t-il Fayrierie ? Et bien, en réalité, il n'y a pas vraiment d'influence. Comme je l'ai dis précédemment, nous provenons tous d'une large palette de couleurs musicales, et nous apportons chacun une nuance au tableau. Doom, folk médiéval, dark symphonique, death metal ou alors rock en général, etc... Fayrierie est une vision qui concerne un monde plus subtil, intime et délicat, mais les émotions qui ressortent des compositions de ce groupe sont parfois similaires à celles que l'on détecte chez Foscor. Seules changent la langue et les « armes » utilisées. La musique est notre instrument pour s'exprimer sur le monde qui nous entoure, et chaque instant a une manière d'être développé. N'importe quelle personne se sentant impliquée dans le langage de Foscor comprendra aisément celui de Fayrierie.

Le départ de Norax, en 2004, a–t-il marqué un tournant dans votre approche musicale? Comment avez-vous pris le relais, au niveau du chant et des paroles ?

Oui, absolument... mais nous ne nous y attendions vraiment pas. Durant la première période, Norax n'a jamais pris part à la composition. Il s'est joint à Foscor après que la composition de la majeure partie des titres. Mais, après son départ, Foscor a grandi en intégrant Wilhkiem comme second guitariste et Nechrist à la batterie. Le groupe continue à travailler sur mes compositions et celles de Falke. Mais, il est vrai qu'en re-sculptant les compositions à la faveur des nouveaux arrivants, nous les avons transformées et enrichies, amplifiant ainsi notre spectre musical.
Mis à part nos relations amicales, et le fait que nous soyons de grands musiciens, le plus neuf pour nous a été de découvrir une nouvelle réalité de Foscor, et la grande harmonie qui règne entre la composition des chansons et leur enregistrement. Bien entendu, concernant les concerts, nous ne nous attendions pas à vivre de telles choses. Concernant le chant et les paroles... je n'ai pas eu trop de mal, grâce aux règles de composition que je me fixe. Cela me permet d'aborder facilement les paroles et le chant. Je suis en constant apprentissage, mais pour moi le fait de composer des paroles qui aillent avec notre musique est la plus belle des récompenses.

Vous avez récemment mis en ligne le clip d' “I Torna des les Cendres”, dont la construction est très élaborée. Quelle est l'importance de l'image et du visuel chez Foscor ?

Comme vous l'écrivez, l'aspect visuel est très important dans l'univers de Foscor... nous avons toujours pensé que la musique seule pouvait véhiculer notre ressenti. Mais à un second niveau, les paroles, le graphisme des albums, le site internet ou le vidéoclip interviennent pour expliquer davantage nos perspectives. Maintenant que nous avons monté un nouveau site internet, et que le clip de « The Smile of the Sad Ones » est sorti, notre univers se trouve complété par d'autres disciplines : la littérature, la photographie, la vidéo, ou encore le graphisme... tout ceci en concordance avec l'ambiance du instant, car il est important pour nous tout comme pour les autres de se situer à un certain moment vital.

Plus largement, quelle(s) distinction(s) feriez-vous entre le fait de simplement vouloir faire une belle pochette d'album, et le culte de l'esthétisme dans le black metal ? Quelle est la frontière entre ces deux états d'esprit ?

Je pense que c'est un point sensible. La première réponse que je puisse formuler est une autre question, qui, je pense, résume partiellement la manière avec laquelle nous concevons cette thématique. Pourquoi ne pas effacer absolument les différents formats d'albums, et ne diffuser la musique que par le biais de sites de téléchargement, ou par des sites explicatifs avec de longues lignes d'informations ?
La musique est une discipline artistique très éthérée, et en effet, tel que nous le concevons, nous permet d'exprimer des émotions. Mais les références physiques et visuelles aussi. Donc, quand le graphisme, les vidéoclips, les t-shirts ou les sites internet vont dans le même sens que la création musicale du groupe, tout acquiert un réel sens créatif. Une transcription des personnalités des individus à l'origine des mélodies en ressort, et transcende la création musicale. Je pense que prendre soin du côté visuel d'un groupe en dit long sur les personnes qui y sont impliquées, et sur leurs buts. Le visuel est révélateur de l'âme dans ses différentes conceptions. Les commentaires ne sont pas nécessaires quand on ne ressent que du narcissisme, et aucune émotion derrière une musique. Mais bon, heureusement, il n'y a pas deux personnes qui se ressemblent... donc les deux états dont on parle définissent finalement deux conceptions différentes de la vie, que l'on perçoit tout de suite au vu du graphisme.

Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de votre contribution àToteninsel, un album-hommage à Arnold Böcklin (peintre suisse néoromantique du XIXe siècle) ? En quels points vous sentez-vous proche de cet artiste ?

Tout est parti d'un projet amical avec les membres de SAEL, un souhait de rassembler des musiques de qualité et essayer de développer un album hommage singulier. Comme beaucoup d'autres groupes, Foscor a été invité au projet, et rapidement, nous nous sommes rendus compte que ça avançait bien, et que ce pouvait être un grand acte de la part de groupes passionnés. Chaque groupe a dû composer un titre exclusif pour l'hommage, devant apporter une vision singulière de la toile de Böcklin intitulée "Töteninsel (l'Ile des Morts)". Cela nous a permis de développer une autre approche de notre musique, car nous sentions que la peinture nous le demandait, en quelque sorte. Personne ne niera que c'est du Foscor, mais on peut y déceler de nouvelles variations, que l'on retrouvera sûrement dans les prochains albums, tout en gardant la liberté de création que j'ai évoquée au début de l'interview.Töteninselsortira en 2008 chez Vendlus Records, un très bon label pour ce genre d'initiatives. Mais, sincèrement, avant de participer à ce projet, Arnold Böcklin ne représentait pas plus qu'un artiste parmi d'autres aux yeux de Foscor. Mais grâce à des études en Histoire de l'Art, son œuvre nous a aidé à développer notre musique, via une approche spéciale et très personnelle, proche du Romantisme venant de l'Art Nouveau (le modernisme français) et d'une admiration du concept de Mort. Tout cela a constitué une raison de plus de travailler et d'avancer. Cet enrichissement est l'argument principal qui nous a tous poussés à accepter cette initiative, avec les autres groupes. Même si certains paraissaient fermés et distants vis-à-vis de Foscor, nous avons travaillé avec plaisir et aisance avec les autres formations. Pour des infos davantage mises à jour, allez visiter le myspace consacré au tribute :www.myspace.com/toteninsel.

Si l'on se fie à vos sites internet, vous ne revendiquez pas vraiment d'influence. Il s'agit d'un jugement purement personnel, mais étant donné votre maturité, c'est bien légitime. Mais, dans un autre sens, y a-t-il des auteurs de cinéma ou de littérature, qui vous inspirent ?

Bien entendu. Ce sont des photographes, des peintres, des sculpteurs... et des créateurs en tous genres. Mais nous sommes très focalisés sur la musique de Foscor. Les références à la philosophie classique ou aux tragédies grecques, ou aux poètes traitant de la fuite du temps... ce sont des choses qui nous inspirent clairement, et qui se ressentent subtilement à travers les paroles. Par exemple, il y a une métaphore utilisée par Rilke, à propos d'un saltimbanque, et d'un équilibriste de cirque perché sur une corde... il danse et joue à l'envie, souriant, en ressentant constamment la présence de la mort. Le sens global de cette image est très proche de celui de l'expression « The Smile of the Sad Ones ». Pour le cinéma, Falke a ses propres références, qui incluent des films classiques. C'est un domaine où nous sommes amateurs, mais dont les ressources visuelles nous intéressent, du fait qu'elles véhiculent des atmosphères et développent des thématiques intéressantes.

Vous avez joué avec Kampfar, Forgotten Tomb, et Swallow the Sun. Que vous ont apporté de telles représentations? D'autre part, acceptez-vous le fait de tirer des enseignements de groupes si “reconnus”? Quelle expérience peuvent-ils vous procurer ?

Tout d'abord, la possibilité de partager de grandes soirées musicales avec des personnes agréables. Ces trois expériences, par exemple, ont vraiment été mémorables. Avec Kampfar, c'était la première fois qu'il passait en Espagne... et dans le line-up de cette soirée figuraient les membres de Nydvind, qui sont de bons amis. Avec Forgotten Tomb, ce fut aussi un grand moment, car il faut savoir que leur toute première date en Espagne s'est déroulée à Barcelone, lors du Satan Lives Fest II, dont nous étions les organisateurs. Donc, il faut imaginer l'enthousiasme suscité par ces concerts donnés « à domicile », et l'énormité du public rassemblé ces jours-là. Une double satisfaction par conséquent... Avec Swallow The Sun, il s'agissait d'un concert plus discret, dans une petite ville, ce qui a créé les conditions idéales pour bâtir une expérience plaisante en ce qui concerne le son, l'organisation, et les relations avec l'équipe finlandaise. Nous avons acquis de l'expérience, en partageant des soirées avec groupes, et beaucoup d'autres. Au final, ce qui est réellement important, c'est d'apprécier la scène, et de continuer à prendre de l'ampleur, pas à pas, concert par concert. Nous avons besoin de grandir du point de vue scénique. Mais l'élément essentiel est de vivre pleinement ces soirées avec des groupes célèbres, et d'en garder l'expérience, non seulement musicale, mais aussi humaine. C'est ainsi que l'on gagne le respect et l'intérêt, ce qui ouvre la porte à des opportunités de tournée.

Vous êtes proches d'Adipocere Records, et d'autres éditions françaises. Entretenez-vous des contacts étroits avec des groupes et artistes français ? Si oui, lesquels ?

Oui, c'est indéniable, c'est en France que nous avons démarré notre carrière musicale. Sacral Productions a pris en charge notre premier album en 2004, après quelques années de contacts réguliers. En début 2007, Adipocere Records/ Oaken Shield nous a permis de le ressortir. Des groupes comme Aes Dana, Otargos, Nydvind, ou, plus tard, Sael et Angmar ont contribué à notre avancée. Des sites internet et des associations comme Les Acteurs de l'Ombre ou Les Hordes Métalliques (pour la scène métal pyrénéenne) nous ont aidés à avoir nos entrées au sein de la scène française. Des labels aussi, comme Holy Records, qui est l'unique distributeur du nouvel album chapeauté par Temple of Darkness. Toutes ces entités nous ont prouvé que le temps ne s'était pas écoulé en vain, et que nous pouvons nous sentir proches de la France. J'attends beaucoup du festival Black Metal is Rising IV, à Paris, où j'espère voir personnellement de vieux amis, et d'autres que je n'ai jamais vus physiquement... et peut-être avoir de nouveaux contacts. Je suis certain que nous pourrons travailler étroitement. Pour le moment, nous ne pouvons qu'exprimer de la gratitude envers ces soutiens, qui croient en nous, et qui nous ont tendu leurs mains. Ensemble dans la Noirceur...

Au Black Metal is Rising seront présents Nicolas Walzer et Alexis Mombelet, deux sociologues français qui ont étudié en profondeur « l'univers » du black metal. Pensez-vous, sincèrement, que la sphère du black metal peut se concevoir comme une grande famille, composée d'individus dotés de mêmes codes et de mêmes sources d'inspiration ? Ou est-ce une conception comique et absurde ? Dans ce cas, quels points communs peuvent cependant rassembler les amateurs de black metal « dans le même sac » ?

C'est une question très intéressante. Je pense que la réponse peut prendre des variantes selon le pays duquel on parle. Pour répondre à la première partie de la question, je suis partiellement d'accord avec cette vision. Faire partie de Foscor, et dynamiser moi-même le groupe de cette manière m'ont donné la chance de rencontrer des personnes très intéressantes, avec qui je suis resté en contact à long terme, malgré les mille kilomètres qui nous séparent... car nous ressentons une grande passion pour la musique, et dans certains cas, parce que nous sommes musiciens, ou que nous avons un style en commun. Nous pouvons échanger nos points de vue. C'est d'ailleurs ce qui nous met chaque fois en contact. En somme, c'est une question importante qui peut demander des heures de discussion, ou alors des études sociologiques. Je suppose que tout le monde a besoin de défendre ses propres « opinions » et les échanger pour se sentir vivant. C'est la théorie de la masse, celle qui attribue à la société les missions de « protéger » et « vérifier » autrui. J'essaie d'avancer, avec les gens intègres, moyennant une attitude directe et personnelle. A terme, ce que je recherche constamment, c'est grandir, avancer, m'améliorer, pour être plus fort...et gagner des ressources supplémentaires. Je pense que c'est une attitude clairement égoïste, mais qui ne laisse pas de place aux relations hypocrites avec les gens qui m'entourent. Car c'est un point qui n'est pas aussi général qu'on le pense.

Que pensez-vous du fait-même d'organiser des festivals de black metal ? Le sempiternel débat est relancé entre les tenants de « l'underground », et ceux qui pensent que le black metal est aussi une musique de scène...

Nous sommes un groupe, comme je l'ai dis précédemment, qui aime jouer en live, et rencontrer d'autres groupes, quelque soit leur style ou leur démarche. Je veux dire que quelquefois, les festivals sont de bonnes opportunités pour établir des relations plus soudées. C'est aussi une opportunité de s'étendre au-delà du public venu au concert, et, souvent, une chance de prendre de l'envergure, grâce aux thèmes proposés. On apprend, et l'on vit des moments vitaux. Le black metal peut être aussi simple et direct que beaucoup de styles, tout comme il peut être le plus brut d'entre eux. Dans le premier cas, il est tout à fait possible d'en donner une représentation en concert. Sincèrement, les moments durant lesquels nous ressentons le plus l'émotion de nos compositions, c'est en salle de répétition, ou lorsque nous enregistrons l'album... et, évidemment, sur scène ! Ces trois moments sont les plus agréables pour nous. Donc, nous souhaitons donner le plus de concerts possibles. Nous essayons toujours d'apporter des conditions telles que notre musique ne soit pas dénaturée, qu'elle ne se transforme pas en un son inintelligible. Car, dans ce cas, l'expérience des concerts underground peut devenir lassante et éprouvante.

Peut-être s'agit-il d'une question difficile, car elle vous invite à vous projeter dans un avenir abstrait... Concrètement, quel est, musicalement parlant, votre idéal d'évolution ?

Ça n'est pas si difficile qu'il n'en paraît. Nous voudrions jouer un black metal dans son expression la plus agressive et la plus dense, et qui soit, dans le même temps, la plus « doom » et la plus dynamique possible. L'élément primordial restera la charge émotionnelle de notre musique, qui provient du fond de nous-mêmes, et peut nous procurer de grands moments, à nous et à nos alliés qui la ressentent comme telle. Certainement, nous irons vers quelque chose de plus développé au niveau des structures rythmiques, dans un sens plus intime et minimaliste, ou aussi somptueux que la nuit. Tout est bienvenu dans l'antre de Foscor, avec une touche personnelle représentative de notre conception des expériences et des sentiments... peut-être n'est-ce pas le genre de réponse que les gens attendent, mais elle est aussi réelle que le fait que nous soyons de chair et d'os.

Si vous avez survécu à toutes ces questions, c'est que vous êtes courageux ! Je vous laisse donc le luxe du mot de la fin...

Rien n'est impossible, Myrha ! Ce fut une conversation très plaisante, crois-moi. Je n'ai rien d'autre à ajouter, mis à part une sincère gratitude à La Horde Noire, et spécialement à toi pour cette interview. J'espère seulement que tous les gens qui nous verrons le 17 mai à Paris ou le 24 à Perpignan, pourront visualiser concrètement le sens des mots que j'ai évoqués plus haut. J'espère vous croiser bientôt !!! Darkness shall be...

Myrha