HAMMER OF GONES

HAMMER OF GONE

Association, France

31/01/06

Dans la "Capitale des Gaules", deux grosses organisations font vivre live le métal extrême. Alors que la première est à but lucratif, plutôt axée sur de grosses affiches et ouverte au heavy métal, l'équipe de HAMMER OF GONES est composée de 100% de passionnés de métal extrême. Cette asso a traversé des hauts et des bas, mais la qualité de ses affiches a définitivement fait son renom, en permettant aux groupes UG de partager l'affiche avec des pointures tels que BEHEMOTH, IMMORTAL ou DECAPITATED. Brutal Dom, son sympathique vice-président, s'est dévoué pour nous présenter l'activité de HAMMER OF GONES en détail :

Pouvez vous présentez HAMMER OF GONES, ses activités, ses membres, sa mission?
Brutal Dom : HOG est une association loi 1901 fondée en septembre 2000 avec pour objectif initial de fédérer la scène lyonnaise de métal extrême et d'organiser à nouveau des concerts de métal extrême sur Lyon. L'idée est venue par la fréquentation de la scène UG lyonnaise qui organisait ses propres dates et suite à plusieurs annulations de concerts de groupes internationaux survenues en 1999 et 2000.

Que signifie ce nom ?
Le nom devait refléter l'implication locale (« Gone » est un mot typiquement lyonnais) et avoir une référence avec le milieu métal. Il est basé sur un jeu de mot avec « Hammer of God(s) » (mythologie nordique, titre de ANGELCORPSE et titre de MORTIFICATION). En parallèle, le logo est l'incrustation du lion du blason de la ville de Lyon dans un pentacle.

Combien pesez vous d'adhérents ? Qui peut être adhérent ?
Au bout d'un an et demi, HOG a eu jusqu'à 85 adhérents payants, principalement des musiciens de 11 groupes membres. Les groupes s'engageaient à une convention de promotion où l'association tentait de les faire jouer sans contrepartie. Mais leur implication n'était pas suffisante et depuis septembre 2003, HOG a concentré son effectif sur une vingtaine d'actifs qui ont adhéré gratuitement pour s'impliquer dans l'organisation. Par contre nous sommes ouverts à des partenariats avec des acteurs du milieu musical comme les zines si cela permet de s'apporter mutuellement un support.

Jusqu'ou s'étend votre rayon d'action ?
HOG a toujours voulu rester essentiellement Lyonnais en privilégiant les relations avec les associations voulant développer le même type d'activité dans leur ville. Mais la plupart ont disparu ou ont abandonné cette activité.

Vous êtes relativement jeune (sept 2000) et pourtant la liste et l'affiche des dates organisées sont impressionnantes. Vous avez de nombreux contacts avec l'UG régional,
semble-t-il ? Quels sont vos partenaires privilégiés ? (promo, co-prod..)

L'UG local a été un des piliers de l'association. Les partenaires sont les autres corps actifs associés au métal extrême que se soit les radios sur Lyon, Valence, St Etienne ou Bourg En Bresse, que ce soit les fanzines, webzines ou magazines, que se soit les professionnels du son et du spectacle ou encore les producteurs de disques. La proximité a permis un partenariat solide avec ADIPOCERE RECORDS qui a d'ailleurs produit les démos ou albums de la plupart des groupes membres. Paradoxalement, METALLIAN ne s'est intéressé à HOG que depuis un fin 2004. Nous avons maintenant régulièrement des annonces de concerts en commun.

Organiser de telles affiches nécessite tout de même des compétences techniques et financières ; les actifs de HOG ont-ils une expérience précédente, ou vous apprenez de manière empirique ?
Les trois fondateurs baignent dans le public de ce genre de concerts depuis longtemps. Certains avaient une expérience de roadie ou étaient familiers des coulisses. Les musiciens de UG lyonnais (festival n°1) ont beaucoup aidé et feu-MUSIC DIVISION, alors seul organisateur de concerts de hard rock/metal, a été un bon tuteur. Mais depuis, les bénévoles se forment plutôt sur le tas. Quelques bases de comptabilité nous ont suffi pour débuter. Le reste a essentiellement été basé sur le relationnel, l'organisation et la motivation.

HOG recouvre d'autres activités annexes : édition d'une compil', soirée pré-écoutes, petit concerts. Vous êtes infatigables ! N'avez vous pas peur de vous disperser ?
Ces activités sont totalement en phase avec les objectifs de l'association. Les compilations ont fait partie de l'arsenal de promotion au bénéfice des groupes membres. Les soirées pré-écoutes font partie des événements liées au métal extrême en général avec la participation de nombreux labels. Les petits concerts auraient été plus nombreux si des salles adaptées nous avaient accueilli plus tôt et si le Pezner n'avait pas fermé. Quelques tentatives de concerts au "A tout bout d'chant" se sont révélées inadaptées. On n'a jamais oublié les formations UG. C'est d'ailleurs en alternative à l'absences de petites salles que l'on a proposé de faire des festivals dans les salles avec 6 à 8 groupes tels que le HAMMER SMASHED FEST.

Etes vous assez « solides » financièrement ? De quoi vivez vous ? les adhésions ne doivent pas tout couvrir? Avez vous des aides de la ville ? Les salles que vous utilisez (Rail théatre, CCO, Ninkasi Kao) sont tout de même excellentes !

HOG a d'abord été financé par l'investissement personnel et les cotisations des membres avant d'avoir pu fonctionner correctement et en auto-financement. Malgré les démarches, HOG n'a jamais reçu d'aide financière des collectivités ou de l'Etat. Le Ninkasi Kao nous propose des tarifs réduits grâce aux subventions qu'ils reçoivent et le CCO reste très accessible aux associations. On essaie aussi de trouver des sponsors et des exposants dans les festivals afin de prendre en charge une partie des dépenses. Mais le financement de HOG est fragile, ce qu'on peut constater concrètement avec la situation critique de fin 2003.
Le seul projet financé par l'extérieur reste la fête de la musique 2004 où la ville de Lyon à inclus un concert de métal gratuit dans son programme et à proposé à HOG de le faire fonctionner.
La réputation de HOG s'est plutôt fondée sur le sérieux et la qualité « pro » de ses prestations envers le public comme envers les groupes reçus, ce qui permet d'être accueilli favorablement par des salles comme le Rail Théâtre, le Ninkasi Kao ou le CCO. Mais la plus grosse participation est humaine, celle des membres actifs qui prennent sur leur temps libre pour organiser ces activités, sans contrepartie ni salaire.

Cela doit être grisant de côtoyer tous ces grands groupes de metal ; quelles relations avez vous généralement avec eux ? une loge fermée à clef, ou une beuverie tardive ? Le contact est plus facile avec les francophones ? Avez-vous vu des « grosses têtes », avec des cattering outrageux ?
Pour les groupes étrangers en tournée, les relations sont essentiellement professionnelles. Ils arrivent généralement fatigués d'un voyage, doivent s'installer, faire les balances, jouer, ranger et repartir. Ils restent bien souvent dans leur tour-bus entre temps. Les membres assurant le cattering les côtoient plus longtemps au moment des repas et le contact est toujours sympathique. On tente de préférence de profiter au mieux de la présence des musiciens.
Les "après concert" d'ENTHRONED ou de MISERY INDEX se sont terminés tard dans la nuit mais la plupart du temps, on fait plutôt la fête avec groupes français et en particulier après les HAMMER SMASHED FEST car personne ne bosse le lendemain.
Le cattering d'IMMORTAL a été la première liste faisant figurer quelques exigences mais HOG n'a pas encore fait venir de vrai « star » donc on reste dans le raisonnable.

D'une manière générale, défendre le métal extrême ne doit pas être toujours facile, face aux préjugés des gens, venant parfois même des autres style de métal ? Comment vivez-vous cela ?
On se contente de proposer librement ce qu'on aime. On a par contre régulièrement à se battre contre des personnes étroites d'esprit qui ne comprennent pas cette démarche et veulent à tout prix nous coller des étiquettes.

Le problème majeur semble être le manque de répondant coté public ! Chaque grosse date n'attire qu'une moyenne de 2 à 300 personnes depuis un an ou deux, alors que Lyon est la deuxième agglomération de France. Ne sentez-vous jamais le découragement vous envahir ?
C'est effectivement le découragement qui a poussé à réduire les objectifs d'activités depuis septembre 2003. Si le public ne vient pas régulièrement aux différents concerts, boudant les premières parties et ne jurant que par des groupes prestigieux, cela se retournera contre lui car les propositions de concerts vont d'abord se raréfier et si cela continue, disparaître totalement. Tout le monde devra alors faire des centaines de km depuis Lyon pour aller voir des concerts aux lieux incontournables comme Paris ou Strasbourg. Et on regrettera le bon vieux temps où HOG organisait des concerts sur Lyon, juste à coté, au CCO ou au Ninkasi ! Souhaitons que l'on n'en arrive pas là.

Un dernier message aux metal-heads qui nous lisent ?
Consultez régulièrement le site de HOG et n'hésitez pas à nous contacter ou à venir discuter avec nous sur le lieu des concerts.
Ou que vous soyez, soutenez votre scène métal locale, bougez vos culs et allez aux concerts.

Autocrator