NEURAXIS

Neuraxis

Death metal, Canada

mai 2003

Neuraxis est un groupe canadien né en 1994 à Montréal, l'endroit américain ou l'on cause français ! Cette particularité géographique énoncée, précisons tout de même que leur death metal est du genre qui ramone grave les conduits auditifs et qu'ils n'en sont pas à leur coup d'essai ! Après un premier album en 1996 et un mini CD, Neuraxis refrappe notre système nerveux fin 2002, avec 'Truth beyond ?'; Mais faisons plus ample connaissance?

1) Hello, présentez-vous à nos lecteurs, qui sont d'un naturel très curieux !

Ian Campbell (Vocaliste) :Récapitulons par resituer tout ceci en 1994 lorsque Steven Henry et Yan Thiel fondèrent le band NEURAXIS dans la région Montréalaise. Ils ont eu différent changement avant de tomber sur celui qui devait enregistrer l'album "Imagery" en 1997 avec J-F dagenais de KATAKLYSM aux manettes. Suite à celà, il y a eu toute une série de line-up avant de constituer celui qui est encore aujourd'hui. Rob Milley est arrivé au printemps de 1997. Alex Erian en 1998 et moi en 1999. Nous avons enregistré deux albums avec ce line-up. A passage into forlorn EP en 2001 et Truth beyond... en 2002 sur Galy records au Canada et aux USA ainsi qu'en en 2003 sur Morbid records pour l'Asie et l'Europe.

2) Votre album 'Truth beyond...' vient juste de sortir ; avec quel état d'esprit l'avez-vous composé ? Expliquez-nous ce que vous souhaitez exprimer avec une musique d'une telle puissance ?

Nous ne décidons pas de la puissance qui en découlera si puissance il y a quand nous composons un album. Neuraxis vise toujours le même état d'esprit qui a pour but de calculer efficacement ce qui deviendra un riff, une chanson et ensuite un album complet. Nous créons un art extrême mais qui a une forte tendance vers des nuances très progressives. Nous voulons aussi que l'art que nous faisons soit unique, ce qui s'avère quasi-impossible dans le contexte musical actuel vu la quantité de bands et de styles existants. Il est important aussi pour nous que ce que nous faisons ait un équilibre total à l'intérieur même d'une chanson et tout au long de l'album également. Que tout coule le mieux possible même dans une mare de technicité, de changements de tempos radicaux, de mélodies couverts de blastbeats. Finalement, créer un métal-extrême nuancé, original, technique, progressif pour les amateurs de métal de haut niveau. Un peu comme tout les bands provenant du Québec pour simplifier.

3) Vous avez enregistré au Wild Studio de Pierre Rémillard (OBLIVEON, producteur de GORGUTS et de CRYPTOPSY) : qu'en attendiez-vous ?

Ce studio est dans une région sauvage du Centre-Du-Québec où la nature domine et où on a la paix plus que jamais. Un lac immense, des forêts sauvages, c'est très reculé. Il faut même faire un bout du trajet en VTT dans des sentiers avec l'équipement dans un chariot. À la Québéquoise les mecs. C'est Yannick St-Amant qui a produit l'album de A à Z tout comme nous l'avions fait avec A passage into forlorn. Il a travaillé avec MARTYR, CRYPTOPSY, GORGUTS, QUO VADIS, KATAKLYSM et un bon paquet d'autres bands du Québec. Il est guitariste dans DESPISED ICON avec notre batteur Alex. Nous étions bien entendu pressé par le temps à cause d'un budget limité, mais nous étions aussi bien préparés, alors tout a bien coulé malgré les inévitables pépins mais on les oublie. Mais, aussi avec Yannick aux commandes, pas de soucis à se faire. Dans quelques années, vous aurez aussi lui comme producteur officiel du Québec avec Pierre Rémillard et J-F Dagenais.

4) Et quelle est l'étendue de sa promo ?

Il faudrait demander à Morbid records, Galy records et Century media qui s'occupent de celà dans le monde. Mais à date, avec ce que nous voyons sur l'internet un peu partout, je peux penser que la promotion de Truth beyond... se fait correctement. Nous avons des adds dans la plupart des magazines Européens qui traitent du métal. Aux USA, nous aurons un article sur Neuraxis ainsi que des pages de pub, donc, à en croire ce qui se passe, la promo est positive et bien propagée.

5) Dans quelle 'veine' du death vous inscrivez vous ? old school à la Napalm Death ou actuel à la Dying Foetus ?

J'ai le regret de te dire ni l'une ni l'autre l'ami. Nous sommes un band qui fait de la musique à tendance progressive, qui mélange de la mélodie avec de la brutalité dans un tout cohérent qui reste quand même accessible si on en a l'intelligence musicale requise. Si je prend Napalm Death qui est un band que j'écoute depuis une douzaine d'années, à part des mesures de blastbeats qui s'allongent, pas grand chose en commun. Pour ce qui est de Dying fetus, bien à part certains passages mosh et des vocaux gutturaux, là encore il n'y a pas de rapprochement. Bien entendu, nous sommes conscient que notre musique est actuelle vu le côté progressif qui la couvre.

6) Vous semblez avoir une bonne expérience de la scène ! Y a t-il les structures adéquates pour tourner au Québec ?

Le Québec est une scène qui est bouillonante mais qui semble ignorée ou malcomprise du reste du monde. Quand je pense à des albums comme Obscura de Gorguts ou encore les albums de Cryptopsy, il est évident de dire que le métal made in Québec est en avance sur son temps, donc non-commercial à un grand niveau. Nous faisons du métal intelligent, qui s'affirme, qui est sans limite, n'a pas peur de l'expérimentation et n'a pas de style entièrement défini ou ancré. Donc, pour un band du Québec tourner au Québec en facile, même essentiellement automatique. Mais, aller ailleurs semble une vraie mission. Donc, oui pour jouer en province, tout est huilé et 100% correct car il y a des shows métal partout au Québec chaque week-ends et les bands d'ici attirent autant que des bands de l'extérieur. Prenons un exemple ici. Le 17 mars dernier, au Metropolis de Montréal, il y a eu un show avec Slain + Ashes of Eden + Neuraxis + Quo vadis + Anonymus. On parle bien ici de 5 bands locaux à 20$ du billet. Hé bien il y a eu plus de 2000 personnes à ce foutu spectacle dans une ambiance pas possible. Slayer ou Cradle of filth attirent le même nombre de personne dans la même salle que les bands locaux à Montréal. Ou encore, Neuraxis + Martyr + Cryptopsy attirent plus de 1500 personnes en une seule soirée. Ghoulunatics + Quo vadis + Obliveon eu plus de 1000 la veille de ce même show pré-cité. C'est ce qui fait que nous avons une scène en santé et qui ne demande qu'à être lancé sur l'international, mais je pense que bien des gens préfèrent écouter le dernier Satyricon que de se demander s'il n'y a pas quelque chose de plus intelligent qui se fait ailleurs. Je trouve que c'est le côté pathétique du marché métal mondial. Mais bon, l'avenir nous dira le reste. Pour ce qui est de notre expérience de scène bien nous avons fait le Québec plusieurs fois, un peu l'Ontario, le nord de la côte est des USA et voilà. Nous n'avons fait qu'une seule tournée digne de se nommer ainsi en 2001 avec Cephalic carnage au Canada et aux USA. Bien amusant. Morbid records nous veulent en Europe en septembre, nous verrons bien si ça se fera.

7) Parlez nous maintenant de la pochette de l'album : elle a été conçue par Mike Harrison (MISERY INDEX, DYING FETUS) : dévoilez-nous le concept qui se cache derrière.

Pour être bien franc, Mike a dessiné celà et nous avons dit oui. L'image et l'infographie présentés sur ce dessin nous allait et on l'a adopté. Ça représente aussi le côté abstrait de la musique que nous faisons en plus de laisser savoir que c'est très nuancé. Aussi, il y a des couleurs douces, ce qui est très rare sur une pochette d'album métal.

8) NEURAXIS furent nominés aux MIMIs (Montreal International Musical Initiative) dans la catégorie "Meilleur album métal" ! Le métal a-t-il une audience si forte chez vous à ce point de toucher le grand public ?

Mais bien entendu, comme je te citais plus auparavant, des bands locaux attirent plus de 1500 ou 2000 personnes dans un spectacle c'est qu'il y a assez de metalheads pour que le grand public s'en rendre compte. Même le spectacle que nous avons fait avec Martyr et Cryptopsy le 1er juin 2002 fût filmé par la télévision nationale (Radio-Canada). Le spectacle de Cryptopsy a passé à la télé sur le câble un vendredi soir à l'heure du souper cet hiver. Idem pour un concert de Kataklysm que j'ai pu voir deux fois en entier à la télévision. Notre spectacle est sur www.radio-canada.ca/bandeapart si je ne me trompe pas. De toute façon, c'est juste pour expliquer à quel point la scène ici est en santé, énergique et d'un dynamisme même reconnue par nos télévisions et différents gros médias. Aux MIMI's, ce sont nos copains les Ghoulunatics qui ont remporté les votes. Nous étions nominé ainsi que Gorguts, Kataklysm et Martyr.

9) Parlez nous de la scène extrême en général, et death en particulier ? Citez-nous vos groupes cultes et dans quelle mesure ces formations vous ont elles inspirées ? Quels sont les espoirs ?

Bien, vu que la question est très large je répondrai le plus largement possible en te disant qu'en 2003, nous pouvons nous vanter, nous les metalheads du monde entier, d'avoir crée près de 25 ans une forme musicale exploitée au maximum, repoussé les limites de l'instrumentation et avoir des musiciens prodiges dans nos rangs. Le métal-extrême est la forme d'expression musicale la mieux faite, la plus savoureuse et la plus performante. Dire que le métal dit extrême n'existe que depuis le milieu des années 80 et que nous avons réussi à amener cette musique vers des sommets musicaux inespérés les plus fous. Mes groupes cultes sont Kataklysm (époque Sylvain Houde), Cryptopsy et Dimmu borgir. Mais hors contexte, mon band préféré qui défie le temps depuis que je suis à l'école primaire est un band de votre patrie. Les Bérurier Noir. Le plus grand band punk francophone à jamais avoir vu le jour en Europe. J'en écoute constamment.

10) Vous sentez-vous concerné par le renouveau culturel du Québec ? Si oui, pourquoi jouer la carte de l'anglais dans vos textes ?

Bien entendu, mais pas comme pouvait l'être les gens dans les années 70. Il y a même eu du terrorisme en 1970, l'armée était dans les rues de Montréal et c'était la loi martiale. Nous la voulions notre indépendance, mais maintenant, tout ceci est impossible politiquement. Nous avions jusqu'à tout récemment le Parti Québécois au pouvoir, qui sont séparatistes et pro-Québécois, mais ont été battu aux dernières élections par les Libéraux qui sont des Fédéralistes et aussi un parti d'Anglophone. Nous avons du moins une culture bien distincte de celle du reste du Canada. Nous sommes la seule province du Canada à avoir sa propre culture, sa propre musique, ses propres réformes, un système d'éducation différent, une approche sociale plus Européenne. Le reste du Canada sont très américanisés et chaque province ne représente rien culturellement l'une de l'autre. Ici il y a la culture Québécoise et la culture Canadienne. La raison pourquoi nous faisons des textes en anglais est que les deux précédents chanteurs étaient de purs anglophones mais il n'y a pas que ça. Je trouve que le Français est une langue de poésie qu'il fait bon lire et écrire et parler, mais pas chanté et surtout pas dans le métalextrême. L'anglais est une langue facile qui a une bonne résonance et qui a aussi de bonnes terminaisons de mots dans la prononciation pour que ça ait sa place dans l'articulation chantée du métal en tout genre.

11) Merci pour tes réponses, Ian, et j'espère à bientôt en Europe !

Autocrator