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Les Papiers Posthumes du Pickwick Club

Charles Dickens - Pickwick Club - 1837

Romans, Nouvelles & Théâtre

Charles Dickens
1837
860 p.

Le Pickwick Club est un club de gentlemen anglais comme il en existe plein dans l'Angleterre du XIXe Siècle. Il est présidé par le très honorable Monsieur Samuel Pickwick, homme au tempérament pondéré et charitable. Les Papiers dont il est ici question sont le compte rendu d'une mission dirigée par le Président lui-même comprenant trois membres imminents du club. La mission, dont les termes sont assez vagues, consiste en gros à aller à la rencontre de la société anglaise et enrichir les connaissances du club.

L'équipe n'a pas été composée au hasard. Outre l'excellent Monsieur Pickwick, on y retrouve trois personnes présentant chacune une spécialité précise : le sport pour Monsieur Winkle, les femmes pour Monsieur Tupman et la poésie pour Monsieur Snodgrass.

Mais la vraie spécialité de l'équipe, président compris, est de se mettre dans les situations les plus improbables et les plus rocambolesques, le tout doublé d'une propension certaine à attirer tous les margoulins du pays. Heureusement, l'équipe sera bientôt renforcée par Sam, rencontré au cours des pérégrinations de l'équipe et qui deviendra le valet de Pickwick.

Sam est un vrai cockney avec un bon sens et un humour bien affûté. Il en aura d'ailleurs besoin, parce qu'entre Winkle qui se retrouve dans un duel par erreur, Tupman qui s'amourache d'une vieille fille sur le retour et Pickwick qui fait une demande en mariage sans s'en rendre compte, ce n'est pas le travail qui manque.

Les Pickwickiens vont rencontrer plein de gens hauts en couleur comme Alfred Jingle, escroc de haut vol, les docteurs Sawyer et Allen, deux médecins loufoques, Mesdames Bardell et Ratt, deux logeuses bien différentes, Maîtres Dodson et Fogg, les avocats les plus vicieux du barreau, le révérend Stiggins, fils bâtard de Tartuffe, Monsieur Pott, le fatiguant éditorialiste d'une feuille de chou locale ou Madame Hunter, poétesse.

Puis, il y a la prison de Fleet, la prison pour débiteurs insolvables.

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Les « Pickwick Papers » sont la première œuvre d'un jeune écrivain de 24 ans, Charles Dickens et qui paraîtront en feuilleton dans la presse de 1836 – 1837. Quand il commence, il ne sait pas trop où il va et cela se ressent un peu dans le début du livre. Mais l'idée se fixe assez vite et prend son allure définitive avec l'arrivée de Sam le valet. Le maître et le valet forment d'ailleurs un couple comique basée sur la détermination un peu naïve du premier et la rouerie de l'autre.

Le livre est un modèle d'humour anglais avec beaucoup de situations abracadabrantes où le premier souci de Pickwick est de sauver les convenances. Dickens en a profité pour lui adjoindre une galerie de personnages originaux. Mais derrière l'humour, se cache une satire très dure de la société anglaise, à commencer par les médecins, les magistrats et les religieux.

Puis, d'un coup, le livre devient sérieux quand on rentre dans la prison de Fleet. La description des conditions de vie des prisonniers devient réaliste et sombre. A l'époque, on pouvait aller en prison pour dette et c'était le lot de tous les prisonniers de Fleet. C'est un sujet que Dickens connaît bien, son père étant un commerçant aillant fait faillite. Quand on sort de la prison, le livre reprend sa bonne humeur.

Evidemment, le livre a un peu vieilli (notamment les histoires intercalées dans le récit) mais cela reste un grand classique de la littérature anglaise qui se lit assez vite malgré ses 800 pages. Assez bizarrement, il est assez difficile de le trouver en français ; en tous cas en livre parce qu'il est disponible en version électronique (www.gutenberg.org).

Tryphoninus