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Macbeth

Pochette de l'un des nombreux groupes Macbeth

Romans, Nouvelles & Théâtre

William Shakespeare
1606
70 pages ou deux heures

Macbeth et Banquo sont deux nobles écossais au service de Duncan, Roi d'Ecosse. Alors qu'ils s'en reviennent d'une bataille ou leur intervention a été décisive, ils sont apostrophés par trois sorcières. Elles saluent Macbeth du titre de comte de Cawdor et de futur Roi d'Ecosse. Quand à Banquo, il s'entend prédire qu'il ne sera jamais roi mais que ses descendants seront rois. Les deux gentilshommes sourient et reprennent leur route.

Ils sont rattrapés par un messager qui leur annonce que le comte de Cawdor a été arrêté et exécuté pour trahison, et que son titre, devenu vacant, a été décerné à Macbeth pour son action dans la bataille. En plus, le roi Duncan annonce qu'il se rendra à Dunsinane, le château de Macbeth pour fêter la victoire.

Macbeth est perplexe. La première partie de la prophétie s'est réalisée. Est-ce que la seconde va se réaliser aussi ? Doit-il aider le destin alors qu'il est un modèle de loyauté ? Il écrit ses doutes à sa femme. Lady Macbeth n'a aucun état d'âme : elle pousse de toute ses forces Macbeth à commettre un meurtre. Elle s'énerve même de la tiédeur de son mari : elle voudrait tuer Duncan elle-même si elle pouvait.

Alors Macbeth passe à l'action : il tue Duncan et fait accuser les princes. Le pouvoir est vacant et il se fait couronner roi. Il doit maintenant éliminer Banquo. Mais ce n'est que le commencement d'une longue série de meurtres.

Alors que le monde se retourne contre lui, Macbeth décide de retrouver les trois sorcières.

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Macbeth est non seulement une des plus grandes tragédies shakespeariennes, c'est aussi une des Ĺ“uvres majeures de la littérature mondiale. Du coup, des livres entiers lui ont été consacrés.

Contrairement aux autres pièces de Shakespeare, nous ne possédons qu'une version (de 1623) et elle porte des traces de coupure. C'est la plus courte des tragédies shakespearienne (deux heures), ce qui fait dire à certains spécialistes que la pièce que nous connaissons n'est peut-être qu'une version raccourcie d'une pièce plus longue perdue.

Revenons à la pièce proprement dite. Une partie de sa force vient de son caractère sombre et de sa violence : il y a des fantômes ensanglantés, des enfants massacrés, des têtes coupés et des batailles. Mais ce qui fascine le plus est le personnage de Macbeth. Il apparaît au début de la pièce comme un général courageux et loyal. Mais au moral, c'est un être faible et influençable. Et même superstitieux.

Après la mort de Duncan, il est immédiatement frappé de remords mais c'est trop tard parce qu'il est pris dans l'engrenage qui va le mener à éliminer tous ses opposants potentiels. C'est alors qu'il recouvre sa puissance : il n'a plus à décider, chaque crime en appelle logiquement un autre. Comme Macbeth le dit lui-même : « J'ai marché si loin dans le sang que, si je ne traverse pas le gué, j'aurai autant de peine à retourner qu'à avancer ». C'est l'homme d'action qui reprend le dessus. Il meurt en soldat, c'est-à-dire au combat.

Le personnage de Lady Macbeth est tout aussi intéressant parce qu'elle subit un parcours un peu inverse. Alors que son mari tergiverse, elle avance. Elle n'a aucune humanité et reproche à son mari d'en avoir. Elle n'a aucun problème à aller tremper ses mains dans le sang de Duncan. Pourtant après la prise de pouvoir, elle est rattrapée par le remords. Hallucinée, elle voit ses mains pleines du sang de Duncan et les lave sans arrêt. Elle sombre dans la folie.

Il y a énormément d'adaptations de Macbeth, notamment sous forme d'opéras, de peinture ou de romans (comme le Macbett d'Eugène Ionesco). Au rayon cinéma, il y a un Macbeth d'Orson Welles de 1948. Il a coupé dans le texte de Shakespeare, interverti des scènes mais il n'a rien rajouté. Roman Polanski n'a pas aimé le résultat et a essayé de faire mieux au début des années 70. Comme Welles, il a conservé le texte original (mais l'a aussi résumé et réarrangé) dans une mise en scène très seventies. Citons aussi le Château de l'Araignée d'Akira Kurosawa. Il a transposé l'histoire dans un Japon médiéval mais n'a pas repris le texte original.

Macbeth est peut-être la plus « métal » (si cela signifie quelque chose) des grandes tragédies shakespeariennes. Il n'est donc pas étonnant qu'on en retrouve assez facilement des traces dans le métal. Il y a par exemple des groupes qui s'appellent Macbeth. L'Encycopedia Metallum en dénombre sept dont deux ont l'air d'être assez actifs, plus un Malkbeth. Il y a aussi un Lady Macbeth (mais il a disparu) et un Dagger of the Mind (devenu The Metal Shakespeare Company).

Notons qu'il existe des albums qui ont la pièce pour thème comme par exemple « Thane to the Throne » de Jag Panzer (en 2000), « Tragedy in Steel » de Rebellion (en 2002) ou les six premiers titre de « Hecate » du groupe de death Shakespeare in Hell (en 2001). Pour ce dernier groupe, il semble que leur musique ait été utilisée pour une mise en scène de la pièce au Japon.Citons également des références chez Vader (The Dark Age) ou Nasum.

Tryphoninus