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Moby Dick

Moby Dick, Herman Melville 1851

Romans, Nouvelles & Théâtre

Herman Melville
1851
530 p.

Bon, je crois que tout le monde ou presque connaît l'histoire de Moby Dick, la baleine blanche poursuivie par Achab, le capitaine du Pequod. J'ai donc trouvé plus sympa de faire la chronique à partir de l'album The Call of the Wretched Sea (2006) du groupe allemand Ahab (chroniqué sur ce site), album consacré au livre d'Herman Melville dans un registre que le groupe qualifie de Nautik Funeral Doom.

Je vous traduis le prologue de l'album : « Le Voyage du bateau le Péquod et de son capitaine, Ahab, est une terrible histoire de mauvais présages et d'obsession. Elle commence avec la prédiction par une personne tenue pour folle de la mort pour quiconque s'engage à bord du terrible baleinier de Nantucket. Aucun des marins ne réalise le danger jusqu'à ce qu'ils soient en mer, quand Ahab, soutenu par son harponneur Fedallah oblige les marins à lui jurer assistance pour tuer la baleine appelée Moby Dick, un monstre qui l'a laissée diminué, tant physiquement que mentalement. Le pacte est scellé avec une rasade rituelle de rhum, et de là, le désastre pouvait commencer. Ahab emmène ses hommes vers leur destin. »

Dans le premier morceau ( Below the Sun , texte de Melville, chapitre 37), Achab réfléchit seul sur son obsession et le fait que le reste de sa vie est consacrée à la vengeance. Le personnage de Achab est un curieux mélange de rois bibliques, du roi Lear, de Faust, de Prométhée et même du Diable. Conduit par la seule volonté de détruire Moby Dick, Achab a perdu toute humanité. La seule personne de qui il se sent proche est Pip, le mousse à moitié idiot, dont il représente le parfait contrepoint.

Dans The Pacific (texte de Melville, chapitre 111), Ismaël, le narrateur du livre se réjouit d'arriver dans le Pacifique, océan où Achab espère trouver Moby Dick. Il ne peut s'empêcher de penser à ce que recèlent les fonds marins.

Dans Old Thunder , Achab harangue ses hommes à ouvrir l'œil et à ne pas rater la baleine. Un doublon d'or cloué sur le mât est promis au premier homme de vigie qui l'apercevra. Les hommes d'équipage prennent en général Achab pour un fêlé mais son charisme et sa volonté implacable de tuer Moby Dick sont capables de les galvaniser et les faire participer à son idée fixe. Même le sage et avisé second, Starbuck, n'arrive pas à se défaire du magnétisme d'Achab.

Le quatrième morceau est un instrumental ( Of the Monstrous Pictures of Whales , titre du chapitre 55). Il permet de rappeler que si le livre de Melville est un livre d'aventures, il a également une portée didactique. Tous les deux ou trois chapitres, Melville nous explique l'un ou l'autre aspect de la chasse à la baleine, de la vie des baleines ou de la vie à bord d'un baleinier. Cela ralentit un peu le récit mais ce n'est pas inintéressant.

The Sermon (texte de Melville, chapitre 10) nous ramène avant le départ lorsqu'Ismaël assiste à l'office du père Mapple (incarné par Orson Welles dans le film de John Huston), prêtre illuminé et ancien baleinier qui a une conception très particulière, assez musclée, de la religion. Dans le film, il prêche depuis une chaire en forme de proue de navire dans une chapelle dont les murs sont recouverts du nom des marins disparus dans la chasse à la baleine.

The Hunt (titre des chapitres 133 à 135) reprend la fin de l'histoire : les trois jours de chasse et l'affrontement final entre Achab et son vieil ennemi. Pour ceux qui n'ont pas vu le film ni lu le livre, je ne dirai pas comment cela se termine.

Le dernier morceau ( Ahab's Oath , texte de Melville, chapitre 36) reprend la partie la plus célèbre de l'histoire : peu de temps après le départ, Achab, resté invisible depuis le départ, réunit l'équipage et dans une espèce de cérémonie païenne, fait jurer à chaque homme de le seconder dans le vrai but du voyage : tuer Moby Dick. Seul le second, Starbuck refusera, un temps, mais sous l'influence d'Achab il acceptera ... et subira le même sort que tous les autres. Sauf Ismaël, parce qu'il faut que quelqu'un vienne raconter la fin de l'histoire.

Avant de terminer, un petit mot sur le film de John Huston avec Gregory Peck dans le rôle d'Achab pour signaler que le scénario est de la main de Ray Bradbury, l'auteur de « Fahrenheit 451 » (chroniqué sur le site comme livre et comme film ) et des « Chroniques Martiennes ».

Tryphoninus