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Animus Mortis : Atrabilis (Residues from Verb & Flesh)

ANIMUS MORTIS - Atrabilis (Residues from Verb & Flesh)

Debemur Morti, 2008

Black metal, Chili

Album CD

Mettons nous gaiement à l'heure de la mondialisation... Ces quatre affreux nous viennent d'Amérique du Sud, plus précisément du Chili. Cette origine géographique quelque peu atypique éveillera la curiosité de quelques métaleux puisque ce sont les français, ô combien respectés, de Debemur Morti qui sont allés nous dénicher cette perle d'art noir. Alors je ne sais pas si ça vient des restes de la dictature de Pinochet, mais j'ai comme la nette impression que la vie pour ces chiliens ne doit pas être rose tous les jours! Après avoir exprimé une première fois ces sombres sentiments en 2004 par le biais d'une démo « Desolated Landscapes », cette horde noire (à ne pas confondre avec les excellents italiens de Imago Mortis ) nous délivre un premier album particulièrement sombre et haineux en 2008, comme annoncé dans la chronique du mini-cd « Thresholds of insanity » disponible dans nos pages (numériques...). Car si la première écoute de cette galette ne vous laissera, a priori, présager qu'un black metal brutal sans compromis, le travail au niveau des riffs apportera cette touche de singularité. Le groupe arrive en effet à mêler la puissance/brutalité et la noirceur, exprimant une misanthropie exacerbée, ne laissant que très peu de place à des parties mid-tempo, a contrario, par exemple, du dernier Arkhon Infaustus . Le jeu de batterie sera peut être l‘un des points faibles de cette galette, l'utilisation quasi-automatique et continuelle de la double grosse caisse pénalisant, à mon humble avis, certaines parties, quelques subtilités n'auraient qu'accru un peu plus la qualité de ce full-length (comme sur le dernier morceau « Thresholds of Insanity » avec ses passages syncopés). Alors certes, Animus Mortis n'apporte pas grand-chose de neuf, mais a au moins le mérite, et non des moindres, de le faire bien. Fournissant à l'auditeur un album travaillé et abouti, notamment par le biais du chant (« Splendour Ruins »), ce premier essai est tout à fait concluant grâce à la noirceur qui en ressort. Restera cependant au groupe, dans les mois à venir, à apporter à sa musique quelques nouveaux éléments afin que ce dernier ne se mette pas à tourner en rond, au risque, finalement, de rejoindre cette masse de ersatz totalement inintéressante...

Caedes - 7,5/10