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Azaghal : Teraphim

AZAGHAL - Teraphim

Moribund Records, 2009

Black metal, Finlande

Album CD

Après avoir signé le précédent album « Omega » chez les Américains de Moribund, les Finnois sortent logiquement leur huitième méfait sur le même label. Pour l'occasion, un certain Niflungr débarque au chant et à la basse. Une telle longévité peut justifier un changement à ce poste stratégique, car le groupe sévit déjà depuis 1995 dans l‘UG. Mais nous n'y perdrons pas au change. Par rapport à « Luciferin valo » (j'ai loupé « Omega », désolé, il faudra que j'expie et que répare ce péché !), « Teraphim » sonne plus puissant dans l'ensemble : aucun doute, Azaghal joue toujours du black metal, et du bon, celui que nous affectionnons car il est sale, noir et accrocheur. En effet, cet album décoche des titres aux riffs variés, loin d'une bouillie sonore uniforme que certains combos feraient mieux de garder pour eux, au frais dans leur cave. La caractéristique d'un (bon) album d'Azaghal serait plutôt dans le fait que l'on identifie bien les morceaux entre eux, car chacun possède son lot de plans classiques et rapides, mariés subtilement avec d'autres plus mélodiques. Azaghal n'hésite pas à fouiller ses compos pour les rendre originales et dynamiques : des plans mid-tempi bien foutus et sombres (titre « Hänen Musta Liekkinsä' ») aèrent les charges fougueuses, comme celles du titre « Samael's Whisper ». Notez au passage que cette fois, l'intégralité du chant est en finnois, comme à l'accoutumée. Le hurleur sait le moduler, servant du bon vieux cri black aux chœurs plus clairs. Et pourtant, nous sommes loin de la dérive post-black « option rock'n'roll ». Ce sont plutôt des fleurons du « vrai» black metal de Finlande (et d'ailleurs) qui serviront de comparaison à la musique de Azaghal : Horna, évidemment, mais aussi Corpus Christi, Animus Herilis, ou encore Nifelheim. Sincère et intéressant, voila deux qualités qu'il est toujours possible de cumuler en jouant du black metal en 2009 en Scandinavie. Oubliez les légendes qui se sont réorientées comme Marduk, Satyricon et Emperor : Azaghal s'en sort très bien, avec cette pointe de nostalgie froide qui plane sur l'ensemble de la discographie.

Autocratôr - 09/10