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DODSFERD : The Parasitic Survival of the Human Race

DODSFERD - The Parasitic Survival of the Human Race

Moribund Records, 2014

Black Metal, Grèce

CD

Alors qu'on pensait que sa participation à NADIWRATH, l'une des nombreuses maîtresses qu'il besogne à intervalles irrélguliers, aurait pour conséquence d'épancher sa soif d'un Black cradingue quasi punk dans l'âme, l'évolution actuelle de DODSFERD, son principal port d'attache, semble témoigner au contraire que c'est dans cette voix, survoltée et sauvage, que Wrath s'épanouie peut-être le plus aujourd'hui. On en veut pour preuve son dernier étron sous cette légendaire étiquette, The Parasitic Survival Of The Human Race , créature épidermique qui transpire l'urgence par tous les pores.

Si les titres se déploient toujours sur de longues durées, quoique beaucoup moins que par le passé, ceux-ci se veulent cependant plus proche de l'éjaculation précoce que de l'interminable saillie. Au placard les pistes de plus de 10 minutes au jus, les Grecs leur préférant cette fois-ci un cadre (relativement) plus resserré. De même les tempos lancinants ont été aussi remisé, troqués au profit d'agressions plus rapides sinon plus accrocheuses, à l'image de "Breeding Chaos", qui fait fi de la vaseline, crachat brutal au rythme primitif renvoyant au mal originel, celui de BATHORY et autre HELLHAMMER.

Du DODSFERD dépressif, il reste toutefois des traces, de poisseux stigmates, oripeaux malsains qu'incarnent ces breaks venimeux ou ce goût intact pour les reptations rampantes et les riffs obsédants aux allures de scalpel labourant la peau ("Creator Of Disease"). Fidèle à un enrobage dégueulasse comme le sang menstruel, ce huitième méfait peut également compter sur le savoir-faire de ses géniteurs, auteurs encore une fois d'une poignée d'hymnes necro d'une énergie bordélique. Pesants et Evil,"Stupid Worthless Sheep" et "Doubting Your Worth", où Wrath hurle comme un aliéné, sont ainsi deux perles noires capable de brûler ce qui nous reste de cervelle, mortifications irriguées par ces riffs vicieux qui s'engouffrent tels des serpents dans l'humidité ténébreuse de cavités profondes.

Reste que cinq morceaux, dont une reprise des MISFITS ("We Are 138") pour à peine trente minutes de musique, c'est peu. Et en dépit d'incontestables qualités, on a connu le groupe plus ambitieux. Cela ne fait pas de The Parastic Survival Of The Human Race un mauvais disque, loin s'en faut, seulement un album certes immédiat mais sans doute vite oublié également. Mais c'est justement dans cette espèce d'urgence fielleuse que survit encore le véritable esprit du Black Metal. En cela, l'opus est un vrai rejeton du genre, retour en arrière vers les débuts du groupe chez lequel les atours déglingués et punk ont toujours existé, affleurant plus ou moins à la surface... Sans pour autant nous le faire préférer à Suicide And The Rest Of Your Kind Will Follow voire même à Spitting With Hatred The Insignificance Of Life . Ce qui n'empêche pas DODSFERD de surnager largement au-dessus de la marée noire...

Childeric Thor - 7/10