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Euthanasia : Ceremony of the innocents

EUTHANASIA - Ceremony of the innocents

Crystal production, 2002

Gothic doom metal, République Tchèque

Album CD

Formé en 1994, Euthanasia propose avec \"Ceremony of innocents\" son second album qui succède ainsi à un premier album intitulé \"Thoughts on living\" sorti en 1999, déjà chez Crystal , précédé par trois démos, à quoi s'ajoute un mini-cd en 2000 intitulé \"The last gate\". Avec un tel patronyme, on pourrait d'emblée s'attendre à quelque chose de très austère, ce qui n'est pas du tout le cas de Euthanasia qui a un certain côté déjanté, à l'image des photos un peu délirantes dans le livret, qui évoque un peu les collages de photo des livrets des groupes de thrash comme s'ils étaient séduit par cet esthétisme metallique léger. Et pour l'anecdote, Euthanasia a d'ailleurs eu une chanteuse guest sur le premier album qui est devenue par la suite \"playmate\" dans le magazine erotique \"Playboy\", allez chercher le rapport avec le doom?!? L'histoire de ce groupe est également atypique: leur première démo en 1994 proposait tout simplement du rock puis, avec la seconde demo de 1996, le groupe s'oriente vers le doom metal. Il ne s'agit pas ici de doom lent et lourd mais plutôt de metal melancolique à tendance gothic doom. L'album débute d'ailleurs avec un titre un peu \"foufou\", il y a d'ailleurs un côté et des mélodies parfois un peu délirantes (effrénées) mais pourtant l'ensemble des 52 minutes de cet album a une tonalité clairement mélancolique et nostalgique. Les mélodies sont en général plutôt rapides et entraînantes même si certains morceaux et passage sont relativement doom comme l'excellent \"Cruel damned world\", ou \"The last gate\", ou encore le très doom \"Shorel jsi jejim tele\" en clôture. L'ensemble est plutôt gothic doom mais avec un côté un peu déjanté. Le chant masculin alterne entre chant clair grave (un peu gothic) et émotionnel très efficace et dominant, un peu folk parfois, et des voix doom death, le tout est chanté dans leur langue natale (avec les traductions dans le livret), on notera quelques très rares voix féminines très efficaces sur le dernier morceau. Un groupe qui ne se contente pas de colporter les clichés et qui mise sur l'originalité, parfois maladroitement, mais probablement très honnête, qui s'encre dans le doom sans y être vraiment, qui semble préférer une certaine légèreté (comprendre: une mélancolie sans tragique) à la gravité du doom comme en témoigne leur évolution par la suite. Un album tout à fait honorable et qui sort du lot!

Adnauseam - 7/10