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Havarax : No access to the divine

HAVARAX - No access to the divine

Inquisitoris Ex Mundus Novus Productions, 2006

Black metal ambiant, France

Tape album

IMNP peut être fier de cette sélection. C'est un très bon cru que nous présentait dernièrement le label français, en réunissant sur un même support promotionnel trois formations obscures mais d'un assez gros calibre. Havarax, Hlidskjalf et Neftaraka se succèdent donc sur ce Cd-R truffé de bonnes trouvailles.

Havarax est un one man band hexagonal, comme il y en a tant d'autres. A cela près que l'autoproclamé LCR ne fait pas dans le décousu crasseux et enregistré dans les chiottes. Et pour cause, LCR en est à sa troisième démo. Ce gaillard très prolifique est aussi le bassiste d'Epidemia Mortaliis, formation ayant à son actif une démo assez saluée, sortie en 2004 et rééditée depuis. Le projet solo de LCR mérite lui aussi qu'on s'y attarde...

La musique d'Havarax se conte comme une histoire. Rien n'y est lourd, ni pénible.

L'introduction de « No Access To The Divine » annonce l'esprit profond des huit morceaux réunis au cœur de cette rondelle. Une femme hurle à la mort, happée par un type en furie. « I am possessed by the Devil. You are possessed by the Devil ». Ni une ni deux, la proie doit être châtiée, exploitée jusqu'à l'os. Attendons son agonie. Des cris de rage et de déperdition se mêlent à un semblant de contre-messe sanglante... Et si le Malin scrutait cette scène d'un œil complice?

Havarax mise sur l'ambiance, inspirée par les films d'épouvante des années 70. A chacun d'interpréter la musique à sa guise, selon l'humeur du moment. Le son est toujours lointain, palpitant, et comme surgi de sphères ténébreuses. Havarax nous plonge dans un univers sataniste marqué. Les images noires sont là. Pas d'esprit dépressif, mais une puissance inquiétante, celle de la folie démoniaque.
La guitare est très présente, soutenue et jamais désagréable. Les voix distordues, étirées, se font écho les unes aux autres. Un ballet vient briser le silence des pénitents : celui des créatures aberrantes, ces démons tantôt repoussants, tantôt séduisants (une preuve de plus que le manichéisme est un trait saillant de l'esprit humain). La voix de LCR, changeante et torturée, offre des effets et des variations très intéressantes. Elle déploie toute sa force à s'immiscer dans notre esprit, et résonne de façon à nous tenir sous son emprise.

Tous les éléments physiques et techniques sont mis en œuvre pour faire de ces morceaux des pièces de premier choix en matière de black, sans gros défaut. Les rythmes sont fluides et bien maîtrisés. L'ensemble a été visiblement très travaillé. « No Access To The Divine » bénéficie d'un son quasi-impeccable, sans fioriture ni trop d'artifice. Pas de fissure à déclarer, si ce n'est celle du volcan bouillonnant, qui ne pense qu'à tout saccager sur son passage.

Des interludes très souples et calmes viennent rythmer cette démo, comme le cinquième titre, intitulé « Flowing under arcades of fire », qui rappelle en certains points l'esprit de « Springtime Depression » de Forgotten Tomb.

Limitée à cent exemplaires, cette démo, présentée sous un format cassette, est épuisée... mais sortira de nouveau courant janvier 2008, cette fois sous forme de CD sur Odium Rex . Si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous procurer cet enregistrement. Non pas par soif de matérialisme ou par folie de l'achat compulsif, mais tout simplement parce qu'Havarax vaut vraiment le détour. Le côté classique est de bon augure pour les puristes. Et, pour satisfaire aux besoins des amateurs de comparaisons, ajoutons que les fans de Dark Funeral ou de Nehemah pourront aussi y trouver leur compte, notamment au niveau instrumental.

Havarax est sur une « bonne voie », pour employer un vocabulaire très empreint de morale. Humaine, trop humaine ?

Myrha - 7/10