LELAHELL : Al Insane?.?.?. The (Re?)?Birth of Abderrahmane

LELAHELL - Al Insane?.?.?. The (Re?)?Birth of Abderrahmane

Horror Pain Gore Death Productions, 2014

Death metal, Algérie

CD

Les hordes algériennes ne font suffisamment rares pour qu'on s'arrête un moment lorsque l'on tombe sur l'une d'entre elles. Et quand celle-ci envoie en plus le petit bois, comme c'est le cas de LELAHELL, ce sont avec les écoutilles grandes ouverte que la découverte débute.

Al Insane... The (re)Birth Of Abderrahmane se présente ainsi comme la carte de visite de ce trio réuni depuis 2010. Une carte de visite féroce, d'une brutalité aussi intense que millimétrée. Car, comme son nom le laisse deviner, LELAHELL ne fait pas dans le point de croix, arpentant les terres saignante du Death Metal. Attention, pas old-school, le death metal mais moderne et technique à la fois, celui qui tabasse, qui ramone les muqueuses tout en sachant rester au final presque mélodique ("Voices Revealed"), bien que toujours drapé dans un suaire de noirceur, à l'image du très bel instrumental "Imzad", pause aux teintes tribales qu'on aurait souhaité plus longue.

Patibulaire, le chant enténèbre l'édifice qu'érigent en une sainte trinité démoniaque guitare, basse et batterie, socle massif grâce auquel peut proliférer ce Death surpuissant. Car, pros et hyper carrés, les mecs n'ont pas à rougir face à la concurrence, libérant une tempête déchaînée d'ondes abrasives. Dense et direct, Al Insane... The (re)Birth Of Abderahmane moissonne pendant près de quarante minutes le cimetière dont il ne laisse plus que des stèles renversées, abattues par une violence furieuse mais toujours contrôlée.

Ces titres ont tous quelque chose d'une mécanique d'orfèvrerie que rien ne vient jamais enrayer, pièces trapues truffées de breaks, de cassures qui les rendent foncièrement dynamiques, tel ce "Kalimet Essir" que cisaillent des griffes de guitares superbes, comme sur de nombreux autres morceaux d'ailleurs. Aux confins du Thrash ("Black Hands"), toujours véloce, l'album maintient tout du long une brutale intensité dont on ne sort pas indemne.

Fort de ce premier album imparable, qu'il est difficile en prendre en défaut, et pouvant compter sur une lisibilité accrue que lui confère l'appui du label Horror Pain Gore Death, gageons que LELAHELL devrait très vite faire parler de lui et pas seulement pour son origine géographique. Les gars le méritent...

Childeric Thor - 7/10